Une discipline institutionnelle historique redéfinie pour les acteurs privés : l’intelligence economique

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Intelligence économique : où il est question du renseignement …

Barbouzes, charognards de l’information, espions économiques, boursicoteur du renseignement, prébendier de l’espionnage et de la trahison. Les qualificatifs que l’on peut trouver dans les articles des grands médias traitant de l’Intelligence économique ou des détectives privés sont, pour certains, assez représentatifs du ressenti du grand public face à cette nouvelle discipline.

En écoutant les propos des « pour » et ceux des « contres », il est évident qu’un imbroglio digne des plus grands œuvres romantiques de Musset , s’est sournoisement glissé entre ces opposants. Nous ne traiterons pas, dans cet article, de l’hypothèse que cet imbroglio se soit introduit grâce à la volonté malhonnête d’un groupuscule ou réseau d’influence, bien que parfois la nécessité pourrait s’en faire ressentir. Nous nous contenterons d’en étudier les aspects que tout oppose.

L’incompréhension vient en tout premier lieu par la différence de culture des deux acteurs.

L’un a disposé d’une autorité offerte par l’Etat, cette ex-autorité faisant foi de son professionnalisme, et l’autre n’a eu de cesse que de survivre à la fiscalité, aux quotas économiques, aux modifications législatives imposées sans le moindre avertissement. L’un travaillait pour, l’autre luttait contre. Et les voilà tous deux dans l’arène de l’offre et la demande. Douce réalité que la différence du public envers le privé ! Car on ne peut nier qu’aujourd’hui la plupart des prestataires d’Intelligence économique ou détectives privé ne sont que d’anciens fonctionnaires pour la plupart. On voit pourtant apparaître de plus en plus d’acteurs issus du privé s’installer entant qu’agents de recherche privé, d’autres se joignant au cabinet d’Intelligence Economique.

En effet, l’érudit ne peut occulter le fait que l’Intelligence économique, le renseignement de façon générale, est une discipline crée par des Etats soucieux de leur santé économique, menacé par une position géographique trop proche de l’adversaire ou désirant accroître leur potentiel économique…L’Angleterre est depuis longtemps très sensible à cette discipline. On retrouve des preuves de l’exercice du renseignement économique au Royaume Unie dés le XVIIIème siècle, date de la création de ses colonies.

Même s’il est certain que les Anglo-saxons ont su les premiers étendre et moderniser cette discipline, on retrouve des actions, pouvant être considéré comme relevant de l’Intelligence économique dans la république de Venise, dans les expéditions des missionnaires en Asie, jusqu’en Chine au XIIIème siècle.

Les autres pays, qui ont plus d’avance sur les méthodes utilisées ou exerce l’Intelligence économique depuis plus longtemps exerce une discipline qui correspond à leur réalité économique. Au scénario, imposé par les marchés, à leur structure économique propre, souvent bien différente de la nôtre, tous comme les exigences du marché le sont. Il peut être ainsi dangereux d’effectuer des comparaisons analytiques de système d’Intelligence économique entre différents pays sans tenir compte des différences conjoncturelles qui peuvent opposées ces pays, même dans un espace économique commun délimité et régulé (cf Union Européenne / Grèce).

Aujourd’hui, les frontières de l’Intelligence économique s’étendent à la sphère du privé.

On propose librement des prestations d’Intelligence économique que le grand public confond trop souvent avec des procédés déloyaux ou relevant de l’espionnage. La littérature ou le cinéma ne l’aidant pas à saisir toutes les nuances de la discipline.

En terme militaire, on pourrait dire que l’Intelligence économique se résume à l’application du concept de l’articulation d’un commando autour de son objectif de mission dans un cadre économique, avec ses règles et son mécanisme. Tous effectifs ayant été missionné dans des OPEX comprend dés lors le principe, l’idée générale : on s’articule autour d’un champ de compétences pluridisciplinaire pour atteindre l’objectif de mission et chacun obéit au plus compétents en fonction de l’application qui s’impose, la hiérarchie va donc changer de main au cours de l’accomplissement de la mission. Et oui, aussi surprenant soit-il la hiérarchie n’est pas figé dans les armées, elle peut répondre à l’exigence de la compétence, du moins pour les élites !! Seul un officier coordinateur veillera au déroulement et à l’enchainement de chaque application, il est la rotule de l’articulation, chaque compétents ne s’imposera qu’a son ordre direct.

Pour le domaine économique privé, le coordinateur de cette faction est l’intervenant en Intelligence économique. Il synthétise, synchronise, et veille à la pertinence globale de l’action offensive ou défensive. C’est lui qui a pour fonction de coordonner les compétences afin d’obtenir le résultat le plus satisfaisant, voire au-delà des objectifs assignés. On dénomme souvent ce procédé dans l’organisation d’une entreprise par « la transversalité ».

La prestation d’intelligence économique

De façon plus civile, on pourrait comparer la prestation d’Intelligence économique à celle d’un architecte d’intérieur. A la première visite, le client décrit ses thèmes, son envie globale, l’ambiance qu’il désir compte tenu des volumes qu’il dispose. L’architecte en tient compte, recueille les besoins, l’information, définit l’objectif et la nature des contraintes. Après quelques entretiens de réajustements, il est en mesure de vous présenter une maquette, le résultat vous satisfait au-delà de vos besoins initiaux. A la fin du chantier, non sans retard compte tenu de la difficulté à synchroniser les nombreux prestataires (seul bémol à la prestation) le client n’en revient pas ! Ce n’est plus le même domicile selon ses propres dits, c’est neuf, solide, beau, convenant à l’ambiance que souhaitait recréer le client, avec d’autres résultats secondaires obtenus et pourtant inespérés (la revalorisation du bien immobilier, un gain d’espace, etc…).

La prestation d’Intelligence économique à l’attention des entreprises privées, doit être perçue par les chefs d’entreprise comme cela, on ne peut s’improviser dans l’Intelligence économique par conséquent on ne peut imaginer les résultats que l’on peut obtenir avec. Seuls un professionnel sera en mesure de vous décrire son action et tous les bénéfices que l’entreprise peut en tirer.

Malgré des rumeurs persistantes comme quoi l’Intelligence économique ne s’adresse ou n’est utile qu’aux grandes entreprises (côtés en bourse), les chefs d’entreprises doivent intégrer que le premier volet du triptyque de l’Intelligence économique dans le recueil de l’information est l’identification des risques et menaces. Ces menaces ne viennent pas forcément des concurrents ou du changement de législation ou de l’exposition que la bourse vous impose, elles peuvent relever des ressources-humaines, de la gestion des stocks, de la politique de négociation syndicale ou dues à d’autres facteurs internes à l’entreprise. Rendant donc l’Intelligence économique applicable à toutes structures qu’elle que soit sa taille, la nature de son activité ou la législation qui la concerne. Certains cas ont même dévoilé une interdépendance dangereuse avec des sous-traitants d’une seule entreprise, ou encore avec un seul salarié (sur un effectif de 550 !!!).

On pourrait croire également qu’une grande société sera logiquement cliente des grands cabinets d’Intelligence économique. J’avoue connaître des prestataires travaillant seul et possédant un réseau mondial qui est tous à fait en mesure de répondre aux exigences d’un groupe international, et je dirais que le simple entretien de ce réseau par un si faible effectif amène, par l’effort supplémentaire, une flexibilité de la prestation offerte. Avantage concurrentiel certain.

On découvre ainsi que l’Intelligence économique n’est pas seulement une aide à l’implantation commerciale dans un marché étranger ou l’établissement d’un firewall financier ou encore juste un audit de sécurité ou de votre système d’information, mais véritablement une discipline pluridisciplinaire coordonnée visant à assurer aux entreprises un avantage concurrentiel et permettre à un Etat d’anticiper les événements et accompagner les mutations économiques. La résumer est presque impossible et ce n’est pas l’existence des deux rapports parlementaires qui me contredira (Rapport MARTRE, Rapport CARAYON). Ni Claude REVEL, Christian HARBULOT, Philippe CLERC, spécialiste dans le domaine, qui ont tous apporté des définitions complémentaires, précisant des aspects plus particuliers (finance, industrie alimentaire, lobbying, activités pharmaceutiques, etc…) ne le prétende. D’ailleurs je ne connais aucun prestataire d’Intelligence économique qui m’est assuré de connaître ou d’avoir goûté à tous les aspects de cette ingénieuse discipline. En réalité, chacun de leur « bill of order » permet de découvrir, d’expérimenter de nouvelles stratégies d’instrumentalisation de l’information.

L’Intelligence économique est au chef d’entreprise ce que les arts martiaux sont à un soldat…

une modification de l’instinct…dans le cas présent de l’instinct économique.

Si c’est un détective-agent de recherche privé qui publie cet article, c’est pour la simple et bonne raison que cela fait dix ans que je cherche à comprendre l’Intelligence économique. Assistant aux déjeuners de l’IE des chambres de commerces, aux conférences sur la sécurité des DATABASE, à la création du CNAPS et suivant de près l’élaboration de la loi LLOPSI II, me liant avec des prestataires de l’IE, ancien élève de l’école de guerre économique, pour comprendre enfin tous l’atout qu’il représente pour mon activité d’enquêteur de droit privé.

En échangeant nos connaissances, en partageant et en intervenant sur des mêmes affaires, il en ressort une synergie très intéressante. L’IE étant le coordinateur d’affaire et la preuve solutionnant ou ouvrant une possibilité dans la stratégie établie par le cabinet d’Intelligence économique. Les deux professionnels sont complémentaires, sans aucun doute, la lecture du cadre juridique pouvant être confié à l’ARP, pendant que le cabinet d’IE traite et analyse les informations recueillis, une procédure en référé imposant une mesure conservatoire qui pénalise l’adversaire géré par un praticien de l’enquête et une bonne « dose » de communication sur des faits pénalement répréhensible, impliquant une poursuite judiciaire obligatoire de la part des services publics orchestré de manœuvre entre le cabinet d’IE et l’avocat du mandataire commun. Les exemples d’addition des compétences, du savoir-faire, du savoir-être sont nombreux et je suis sûr que chaque détectives-agents de recherche privée et chaque officine d’Intelligence économique pourraient en raconter pendant plus d’une soirée…

Le prestataire d’Intelligence économique est un véritable chef d’orchestre s’apprêtant à donner un concert sans aucune partition sous les yeux, grâce à la confiance qui est établie entre le coordinateur et ses exécutants, lorsque l’on connaît les compétences de chacun et que chacun connaît les limites de l’autre, rien n’est vrai et tous devient possible. Il peut dicter un savoir-être, établir des défenses sur le long terme, et devenir un coach de crise le lendemain avec une fenêtre d’action très courte, établir un audit de sécurisation de l’information et devenir le lendemain un lobbying de communication…