Artiste plasticien : Le retard de l’art dans l’arrondissement de Mons ?
Qu’est-ce qu’un artiste plasticien ?
« Je me présente: je suis artiste plasticien…artiste, quoi? Tu es médecin? » C’est le genre de réflexion que je reçois lorsque je me présente. Certes, il est vrai qu’il est bon d’expliquer à la population de la région Mons-Borinage, que l’on ne parle plus des Beaux-Arts mais des Arts Plastiques. Dans un but d’insertion des nouvelles pratiques de l’art contemporain et de la pluridisciplinarité des artistes, on ne peut engager une conversation par un titre limité. Ainsi, l’artiste peintre, dessinateur, sculpteur, désigner, infographiste, photographe, etc; sont des artistes plasticiens. Malheureusement, ce problème d’incompréhension se limite à ma région natale: Mons et les alentours.
Le constat saisissant, serions nous encore en pleine époque du charbonnage?
L’évolution de l’art dans ma région reste immobile. Les initiatives et les interventions pour faire connaître l’art contemporain est déficiente. Depuis plusieurs années, je suis devenu plus célèbre à Bruxelles, à Paris que dans la région qui m’a vu naitre. Dois je l’abandonnée? Peut-être devrions nous en déterminer les causes:
Le nombre d’écoles d’arts plastiques officielles pour les adultes sont au nombre de trois, Le Carré des Arts (anciennement; ESAPV de Mons pour les étudiants ayant obtenu le CESS), les CMAH à Jemappes, IEPS à Jemappes pour élèves à partir de 16 ans (aucun diplôme nécessaire). Les questions peuvent se développer; pourquoi n’y a t il pas de cours du soir aux Carré des Arts pour les personnes n’ayant pas le CESS. Pourtant de nombreuses Académies de Bruxelles ou de Liège offrent des cours à horaires décalés pour les adultes. La raison du manque d’institution d’apprentissage ne renseigne pas toute la cause.
Je pointe du doigt les sujets artistiques recherchés par les adultes, elles ne sont point d’ordre imaginatives mais de recopier le « réel » et la soit disant « vérité ». Pourquoi quand je peins un portrait sans yeux n’est ce pas une forme de vérité. Peut-on la déterminer comme subjective? Mon visage est pourtant réel tel qu’il est dans mon esprit. Il existe un manque cruel de culture et discussion sur la vision de l’art contemporain. C’est pour cette raison que la région est riche de peintre paysagiste ou de peinture de pots de fleurs qui désignent une vérité sans contre sens, sans imaginaire, sans discussions possibles. L’art ne doit être du domaine de la raison mais du sentiment ou de l’inconscient. Il est logique que l’artiste amateur rencontre plus de succès avec ses tableaux « naturels » que l’artiste professionnel qui y développent une abstraction, du symbolisme ou du surréalisme (qui est d’ailleurs un mouvement ayant traversé l’histoire de nos villages). Kant pensait que l’imagination et l’intelligence permet d’accéder à une représentation intuitive de ce qui nous entoure. Et G. A. Aurier parlant du Symbolisme donna une définition: « l’œuvre d’art devra être premièrement idéiste…deuxièmement symboliste puisqu’elle exprimera cette idée en forme, troisièmement synthétique puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général, quatrièmement subjective puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet mais en tant que signe perçu par le sujet… »
Le peu d’avoir artistique et culturel se concrétise par la faute de la pauvreté des habitants, 36 762 chômeurs en 2005 ont été déterminés dans l’arrondissement de Mons où elle est la plus haute dans la province du Hainaut. Ne serait il pas une affaire intéressante pour nos politiques de permettre aux personnes défavorisées d’avoir accès aux connaissances des arts plastiques. Des pistes sont déjà là et ont fait leurs preuves; par des expositions soutenues ou des ateliers artistiques. Malheureusement, je sais qu’il est plus aisé de déterminer les individus comme des moutons de paluche, que comme des personnes sensibles et attractives. Les têtes pensantes sont très fières du Musée d’Arts Contemporains d’Hornu mais malheureusement musée du Design et des Arts appliqués . Bonne affaire pour le tourisme, mais cet établissement recueille un nombre plus important de visites de l’extérieur de l’arrondissement. Il est à noter qu’il n’ait pas aisé d’exposer au MAC’s, le budget étant exorbitant, les artistes de la région ou encore non reconnus, ne peuvent bénéficier d’avantage en ce lieu. Il y a aussi l’Espace Ockeghem (la tour de Saint-Ghislain), espace agréable et lieu intéressant d’exposition pour peintre, sculpteur ou dessinateur. Toutefois, la liste d’attente est longue et payante comme le MAC’s. Le Mundaneum à Mons propose des expositions de qualité mais organisées en association avec de grands organismes, la présentation d’un artiste, d’un groupe d’artistes plasticiens n’y ait pas possible. Seules comptes les initiatives des Centres Culturels de notre région qui peuvent ouvrir leurs portes aux jeunes artistes. Malgré cela, ils sont souvent inadaptés à la mise en scène d’exposition extravagante. Il y a bien un problème d’espace et de gratuité pour les artistes plasticiens. Les galeries d’art à Mons sont comme la plupart des galeries actuelles en Belgique: payantes! Il reste tout au plus des initiatives d’exposition à l’air libre sous des tantes et chapiteaux, peu onéreux mais difficile d’exposer quand les cumulonimbus s’affirment lors de votre évènement. Et ces dernières se localisant sur la commune de Mons.
Mons, ville culturelle en 2015? Je crains que les initiateurs de cette idée aient encore beaucoup de travail devant eux. Liège qui avait déjà une organisation précise depuis plusieurs années (elle avait notamment organisée l’exposition Picasso en l’an 2000) crie sa défaite face aux votes du dimanche 22 février. Laurent Busine, directeur du MAC’s, est chargé de la section arts plastiques pour Mons 2015. Personnellement pessimiste, je crains une fois de plus que soit choisi des artistes conceptuels. Il s’agit d’un mouvement de l’art, actuellement à la mode et conformiste. Pour cité M. Busine: «….pour qu’un jour, il y ait le musée de tous, il faut d’abord qu’il ait le musée de chacun… » (Interview: Esprit Libre, mars 2003), y aura-t-il un musée de « tous », lors de Mons 2015? Est ce que Mons laissera découvrir les artistes de sa région? Ou s’agit il là d’un nouveau projet nombrilisme? Dour (la commune dont je suis natif) est en discussion. Toutefois, elle pourrait bien ne pas être partenaire avec Mons et les autres communes associatives ( Ath, Boussu, Beloeil, Frameries, etc): serait-ce pour des raisons politiques?
Faut il perdre espoir? J’espère que Mons soit choisie pour Capitale Culturelle (elle a déjà des pourparlers avec la ville tchèque Plzen qui est candidate aussi la même année). Toutefois, beaucoup de travail et démocratisation sont à placer en avant.
Je terminerais par indiquer que cet analyse en indiquant que je suis aussi essayiste: « c’est quoi un essayiste???!!! »
Claude DAMIEN
Artiste dessinateur, peintre, sculpteur & essayiste
Février 2009
www.artmajeur.com/claudedamien

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