Les lavandières

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Exposition temporaire de cartes postales anciennes sur le thème des lavandières au Musée de la Carte Postale à ANTIBES

Le Musée de la Carte Postale

4 Avenue TOURNELLI

06600 ANTIBES

0493342488

Présente :

LES LAVANDIÈRES

EXPOSITION TEMPORAIRE DU 1er JANVIER au 30 MARS 2017

Lavandière, un dur métier ! :

Pendant des siècles, les lavandières, femmes du peuple, par tous les temps, été comme hiver, lavaient le linge de la bourgeoisie au lavoir ou à la rivière. Rude métier que celui de lavandière ! A genoux sur une planche en pente, aussi longtemps que nécessaire, elles frottaient, brossaient ou frappaient à l’aide d’un battoir en bois le linge qu’on leur confiait. Puis elles le rinçaient dans l’eau courante, l’essorait, le mettait à sécher et parfois le repassait avant de le rapporter à ses propriétaires. La lavandière était un personnage très familier des villages et des campagnes.

Dans les grandes villes on les appelait « blanchisseuses ». Elles travaillaient en équipe sous l’autorité d’une patronne qui ne tolérait aucun défaut pour satisfaire sa clientèle. Il suffit de lire ou de relire le roman « l’Assommoir » d’Émile ZOLA pour comprendre à travers le personnage de GERVAISE, quel était le sort de ces travailleuses.

Un passé très proche de nous :

Tout bien considéré, en France et d’une façon générale en Europe, ce n’est qu’à partir des années 1970 que les familles se sont équipéesd’un lave-linge automatique. Ce qui allait grandement contribuer à l’émancipation féminine. Mais nos parents se souviennent encore d’avoirrencontré de nombreuses lavandières dans nos villages. Elles se rendaient sur leur lieu de travail en poussant une grosse brouette sur laquelle était entassé le linge. A l’époque la moindre bourgade possédait son lavoir, alimenté soit par une source, soit installé au bord d’une rivière. Dans certaines villes il existait même des bateaux-lavoirs amarrés en permanence. Les lavoirs municipaux étaient recouverts d’une toiture, on pouvait y travailler à l’abri. En revanche cette toiture résonnait en permanence, des coups de battoirs, et des éclats de voix.Le travail étant répétitif et monotone, les lavandières l’agrémentaient en tenant toutes sortes de propos plus ou moins acerbes. Ici se rapportaient tous les « cancans », tous les « on-dit », et toutes les rumeurs du village. Dans ces lavoirs se construisaient et se propageaient les mauvaises réputations, dans un langage le plus souvent fleuri. Le linge de la bourgeoisie était souvent sujet à des commentaires très réalistes. De là vient peut-être l’expression « qu’il vaut mieux laver son linge sale en famille ».

L’image de la lavandière :

Les photographes qui travaillaient pour les éditeurs de cartes postales se sont intéressés à toutes les scènes de la vie quotidienne de nos ainés. Dans ces conditions les lavandières étant des personnages incontournables, ils ne se sont pas privés de nous les montrer en pleine action, aux bords des rivières où elles apportaient de l’animation, comme dans les lavoirs. Il suffit de regarder les conditions de travail de ces femmes, pour comprendre ce que pouvait être leur existence.

Les illustrateurs de cartes postales en revanche ont privilégié l’image de la lavandière plutôt jeune et avenante, pour la mettre en situation érotique ou humoristique.

De nos jours ce type de lavandière a complètement disparu de nos paysages. Mais comme toute règle comporte une exception, l’image de la lavandière a été largement utilisée dans des films publicitaires diffusés au cinéma et à la télévision dans les années 1970, au bénéfice d’une célèbre marque de lave-linge. C’est ainsi que la « Mère DENIS » de son vrai nom Jeanne Marie LE CALVE originaire de NEULLIAC (Morbihan) va connaîtreune renommée nationale et internationale en faisant la démonstration à l’écran de son savoir-faire en matière de nettoyage.

Et les hommes ?

Dans l’environnement des lavoirs on ne voit pratiquement jamais d’hommes. Tout au plus de très jeunes garçonsqui au lieu d’être à l’école (ou parce que ce jour- là il n’y a pas d’école) sont venus aider à véhiculer la brouette de linge ou encore qui restent tout simplement sous la surveillance de leur mère. Pourtant les hommes ont dû faire face également à la corvée de la lessive comme en témoignentdes cartes sur la vie militaire, ou encore en temps de guerre où les trous d’obus deviennent des lavoirs improvisés. Et pour finir parce qu’ils détiennentdes postes clés dans la société, ce sont les hommes qui inventent toutes sortes de machines à laver, pour arriver à conclure en mettant au point le lave-linge mécanique, électrique et perfectionné par l’informatique, se débarrassant ainsi définitivement du problème de la lessive.

C’est à une promenade aux bords des rivières ou aux environs proches des lavoirs que nous vous convions.Vous y rencontrerez ces travailleuses d’une autre époque, déjà célébrées dans des films, des chansons ou des romans populaires. Il ne vous reste plus qu’à les découvrir en cartes postales.

Christian DEFLANDRE