21e Festival du cinéma Russe d’Honfleur

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Le palmarès du 21e festival du film russe de Honfleur a été dévoilé, samedi soir. Alexandre Orlov, ambassadeur de la Russie en France a dédié cette soirée de clôture à Youri Yakovlev, un très grand acteur du cinéma et du théâtre russe, décédé le jour même à Moscou à l’âge de 85 ans.

Deux films ont essentiellement retenu l’attention du jury présidé par le cinéaste d’origine roumaine, Radu Mihaileanu : “Le géographe a bu son globe” (réalisé par Alexander Veledinsky) qui a remporté le grand prix du festival et “La Soif » (réalisation de Dmitri Tiurin), l’adaptation du roman éponyme d’Andrei Guelassimov. « La Soif » a remporté le prix du meilleur scénario et ses deux acteurs principaux, Mikhail Grubov et Roman Kurstyn ont décroché tous les deux le prix du meilleur acteur. “La Soif” a également remporté le prix du meilleur premier film décerné par le conseil régional de Basse-Normandie. Quant au public du festival, il a décerné sa palme au film “La Honte”de Yusup Razykov.

Présent au festival, Vyatcheslav Telnov, Directeur du département cinéma au Ministère de la Culture de Russie, s’est exprimé sur le rôle clé que joue cet événement pour soutenir le rayonnement du cinéma russe dans le monde.

Il a précisé qu’une des activités principales de son département est la promotion du cinéma russe à l’étranger, et le Festival du cinéma russe à Honfleur occupe une place de choix dans l’agenda annuel du Ministère de la culture. “Sa particularité est que la sélection se fait uniquement par la partie française et le jury est composé exclusivement de cinéastes et critiques de cinéma français. La sélection se fait parmi les films produits en Russie pendant l’année en cours. Au vu des titres présents dans le programme du festival, la Commission de sélection a très bien travaillé. On y croise des films d’auteur, primés dans divers festivals en Russie et des films commerciaux à succès.” Il a aussi souligné que le Festival inclut un vaste programme de cinéma documentaire et de films d’animation. Dans le cadre du festival a eu lieu un master-class du réalisateur russe de renom Pavel Lungine ; les distributeurs et cinéastes russes et français ont échangé leurs expériences et ont discuté lors de tables rondes des projets de films produits conjointement.

“Ce festival est apprécié aussi bien par les cinéastes russes qui viennent avec plaisir à Honfleur que par le public français qui rempli les salles. Nous allons continuer à développer les relations et la coopération avec le festival d’Honfleur.”. « Une trentaine de semaines consacrées au cinéma russe se tiennent chaque année dans différents pays du monde et l’intérêt du public pour le cinéma russe va grandissant. Quand nous élaborons les programmes, nous nous appliquons à les rendre le plus diversifiés possible, que tous les genres soient représentés et qu’on montre le meilleur de ce qui se fait durant l’année. Nous n’avons aucun but idéologique spécifique et ne limitons personne lors de la sélection ».

Quant au soutien financier du cinématographe de la part de l’Etat, le chef du Département cinématographique du Ministère de la culture précise qu’en Russie les subventions proviennent du “Fond du Cinéma” et du Ministère de la culture. Le “Fond du Cinéma” soutient des projets qui ont un potentiel commercial fort, et le Ministère lui-même finance le cinéma d’art, le cinéma d’auteur, les films d’animation et tous les projets qui sont liés à la promotion du cinéma russe à l’étranger. Vyatcheslav Telnov a précisé que la Commission des experts du “Fond du Cinéma”, constitué de distributeurs, diffuseurs, producteurs de renom et réalisateurs évalue le potentiel commercial des projets. Les décisions de soutenir un film ou un autre sont basées sur les conclusions de cette Commission, afin d’augmenter leurs chances de succès. Une autre Commission d’experts indépendants auprès du Ministère de la culture sélectionne les projets d’art, ayant une valeur du point de vue de l’art cinématographique.

« Les projets débutants sont également encouragés. L’année dernière nous avons soutenu une vingtaine de films. Un conseil d’experts décide, mais chaque débutant se présente au concours avec la recommandation d’un maître reconnu. Pour nous, c’est une garantie que le réalisateur débutant sera « entre des bonnes mains ». Dans deux ans nous connaîtrons à quel point notre décision était viable. Dans tous les cas la jeune génération doit être soutenue et ceci n’est pas possible sans assumer certains risques ».