Crédit : Désinformation sur le fichier positif

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Les partisans du fichier positif n'hésitent pas à mettre en cause la Banque de France et à affirmer que les arguments des opposants ne sont pas sérieux. Qu'on en juge !

Sur-endettement : Attention à désinformation sur le fichier positif de la Banque de France

Le dernier mot sur le fichier positif appartient à la représentation populaire

Je viens de lire un article très intéressant à bien des égards sur « l’urgence d’instaurer un fichier positif en France » sur ce site :

http://www.toutsurlescredits.fr/l-urgence-d-instaurer-un-fichier-positif-en-france.html

L’auteur (anonyme) de cet article nous explique notamment que les seules statistiques que nous disposons sur le surendettement sont celles publiées par la Banque de France ou par les leaders (du crédit) eux-mêmes mais que ces statistiques sont « soit erronées, soit construites de manière à manipuler l’opinion et les pouvoirs publics ».

Cette accusation grave est inquiétante quand on sait que le fichier positif (répertoire national des crédits) serait géré par … la Banque de France !

Il prétend également que les adversaires de ce fichier -dont je suis- « jouent sur la peur épidermique que la population a d’être fichée et comparent donc sans vergogne ce fichier à un « Big Brother » mettant en péril nos libertés individuelles ». Et ce partisan du fichier positif d’affirmer que cet argument n’est pas sérieux pour les raisons suivantes :

-1 « les « mauvais payeurs » sont déjà fichés et les conséquences que pourrait avoir le fichage des « bons payeurs » seraient positives pour eux ;

-2 serions-nous les seuls en Europe à nous soucier de nos libertés individuelles ?

-3 Pourquoi les adversaires du fichier positif deviennent ils ses plus fervents supporters dès lors qu’ils franchissent nos frontières ?

4- les sociétés de crédit respectent-elles toutes les libertés individuelles de leurs clients lorsque ceux-ci sont suivis par leurs services de recouvrement » ?

On remarquera qu’il n’y a qu’une seule affirmation pour trois questions.

L’affirmation porte sur l’intérêt que le fichage pourrait avoir pour les « bons payeurs ». Le fichier positif deviendrait, en quelque sorte, un outil de « bonus-malus » … Ah bon ! Je ne sais trop ce qu’il faut en penser mais je ne vois vraiment pas en quoi cet argument est de nature à mettre à mal ceux des détracteurs dudit fichier.

Quant aux trois questions, je ne vois franchement pas quel rapport les réponses qui peuvent leur être apportées auraient avec le fichier positif ou le surendettement.

Au sein de l’Union Européenne, il existe des pays disposant de lois nationales que nous ne voudrions surtout pas voir faire l’objet de directives transposables en droit français ! Chacun sait que l’harmonisation est un sujet sensible et que la question de majorité divise les états membres.

Ainsi, il existerait des adversaires du fichier positif en France qui le défendent ailleurs ? Qu’on les désigne ! Il existe une ligne de clivage sur ce sujet au sein même des partis politiques, des syndicats et des associations de consommateurs notamment. J’ignorait que ces acteurs de le vie sociale française étaient des « supporters » des fichiers positifs étrangers. C’est pas très sérieux comme argument …

A supposer que des sociétés de crédit française ne respecteraient pas les libertés individuelles en France, qu’est-ce que le fichier positif y changerait ?

De quel côté est la désinformation ?

C’est pourquoi, étant donné les conséquences de la création d’un tel fichier sur la vie des français, je pense que le Comité de préfiguration est investi d’une responsabilité importante et que son avis doit ensuite être débattu publiquement par les parlementaires car la décision finale ne peut être que politique.

Pour plus d’informations, consultez le blog de Francoise Fondadouze : http://rachatcredit.blog.capital.fr

Jean-Claude Simon

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  1. J’ajouterai qu’il existe une alternative simple et peu coûteuse au fichier positif et qui répondrait au même objectif. Il s’agit d’ajouter à la loi Lagarde une obligation synallagmatique de déclaration et de vérification (simple) de l’endettement :

    - pour le candidat à un prêt : déclarer tous ses crédits en cours et communiquer les relevés de tous ses comptes bancaires des trois derniers mois;

    - pour le prêteur : vérifier ces déclarations en analysant les relevés de compte produits par l’emprunteur.

    Le non-respect de l’obligation serait sanctionnée.

    Ainsi, on renforcerait la responsabilité des acteurs dans l’acte de crédit.