Disparition du journaliste et écrivain René VÉRARD

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Corsaire Éditions endeuillé par la disparition d'un de ses fondateurs. Avec la disparition de René VÉRARD, c'est une certaine idée du journalisme dans la PQR qui disparaît.

René VÉRARD, (1930 - 11 janvier 2014). Rien de ce qui est humain ne lui est étranger et c’est avec un regard pétillant d’une malice pleine de tendresse qu’il regarde le monde étrange qui nous entoure. étrange parce que même si l’on affirme des choses avec force depuis des décennies, René Vérard se mêlera d’aller vérifier la véracité de ces affirmations tenues par d’autres pour des vérités établies. Inutile de dire que toutes ces caractéristiques font de René Vérard un journaliste redoutable, inclassable, non manipulable et inaccessible aux privilèges de castes… Bref un cauchemar pour les gens en place. Texte de Françoise DAHAN-LAPÔTRE

Ce journaliste, collabora à Paris-Normandie, Combat, Centre Presse, La Voix du Sancerrois, Le Courrier Picard, Droit de Réponse . Ce normand est l’auteur d’un livre sur Madame Bovary, de pamphlets, d’un recueil de poèmes La Source, de Bataille pour un titre : Le Courrier Picard 1944, de la biographie Jean Pierre-Bloch, Un français du monde entier. Il créa en 1981 la publication Simple Citoyen. Liberté d’Or de la Presse Libre, Prix du Syndicat des Journalistes et écrivains qui publie la Revue indépendante qui fut fondée en 1841 par George Sand.

René VÉRARD fut l’un des rares journalistes à oser rappeler au président Mitterrand sa promesse non tenue de révéler le financement de sa campagne électorale présidentielle ?

Les travaux de René VÉRARD ont permis de trancher en 1958 ; que Gustave Flaubert s’était inspiré du village de Ry pour situer l’action de son roman Madame Bovary.

Journaliste d’investigation, René VÉRARD réussi au sein du Courrier-Picard, à faire publier son enquête sur l’Affaire Boussac et les Frères Willot. Il est l’auteur de nombreuses enquêtes d’investigation.

Son aïeul Antoine VÉRARD, 1450?-1513, fut le premier des grands marchands libraires parisiens, éditeurs de plus de 280 ouvrages. Antoine Vérard se proclame être « l’acteur » du livre. Non seulement il se fait représenter une trentaine de fois à genoux offrant son livre, mais encore il ajoute à certaines éditions une prière, un poème ou un prologue adressé à son patron : Charles VIII, Louis XII, Anne de Bretagne, Henry VII d’Angleterre, etc.… (l’imprimerie fut introduite en France en 1470).

Anthoine Verard, Parisianisher (1485-1512) de Mary Beth Winn, Droz éditeur 1997
Édités pour la première fois, ces prologues et poèmes, ainsi que les miniatures qui les accompagnent sont examinés et permettent d’apprécier les rapports entre patrons, auteurs, auteurs, artistes, imprimeurs et « l’humble libraire » Anthoine Vérard. http://plus.lefigaro.fr/note/au-fil-du-temps-1493-20130412-2030713
Plus d’infos :
http://www.institut-de-france.fr/patrimoine/chantilly/expoverard.htm


Article indédit de Jean-Pierre SIMON

René Vérard, la force de l’investigation

Journalistede vocation, auteur, René Vérard tire son énergie, doublée d’un scepticisme rigoureux, de son ascendance: ne descend-il pas d’un des premiers libraires parisiens, Antoine Vérard, installé dès le XVe siècle ? Rien de ce qui semble acquis n’aura de cesse d’être vérifié par cet infatigable investigateur; cette position lui vaudra notamment de participer à la célèbre émission télévisée “Droit de réponse” animée par Michel Polac.

Il collabora ainsi à Paris-Normandie, Combat, Centre Presse, La Voix du Sancerrois, Le Courrier Picard avant de créer Simple Citoyen.

Parmi les mérites d’historien de ce Normand d’origine, on retiendra ses travaux ayant permis de situer dans le village de Ry (Seine-Maritime) l’action du roman de Gustave Flaubert Madame Bovary, ainsi que son ouvrage relatif à Jean-Jaurès (Corsaire Editions).

C’est surtout la presse provinciale qui bénéficiera des chroniques acerbes de ce journaliste volontiers polémique, au besoin claqueur de portes, mais toujours intègre. L’aventure journalistique amène René Vérard dans le monde ligérien, qui sera désormais le sien: au début des années 1970, il rejoint la Voix du Sancerrois. Sancerre, cité de caractère du milieu de Loire, est aujourd’hui sa résidence.

En 1994, il est l’un des cofondateurs des Éditions Corsaire, qu’il marque de son empreinte d’auteur, notamment à travers l’édition augmentée de son Jean Jaurès (Jean Jaurès, notre horizon), une biographie consacrée au patriote antiraciste Jean-Pierre Bloch, président de la LICRA (Jean-Pierre Bloch, un Français du monde entier), la découverte de l’étude historique d’Abraham Malfuson intitulée 1573, Sancerre, l’enfer au nom de Dieu, consacrée aux guerres de religion, préfacée par Franck Lestringant. En 2009, il dédicaçait ce dernier ouvrage notamment au Salon du livre de Cosne-sur-Loire.

Sa carrière littéraire est émaillée de 13 ouvrages, dont un recueil de poésie, La Source, disponible chez Corsaire, ainsi que l’Histoire du Courrier Picard, prix du syndicat des journalistes et écrivains, dont la pertinence est saluée par Gilles Perrault.

Rien de ce qui est humain ne lui est étranger.