Provence : Chères et culturelles vacances…

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Les tickets de péage qui s’accumulent sur la plage avant de mon véhicule resteront le principal souvenir de mon voyage estival en Provence !

Pourtant, je me souviens avec plaisir de mon premier trip dans cette région, en 1970 ; jeunes et désargentés, nous faisions du camping sauvage (C’était peut-être déjà interdit, mais il y avait de la tolérance à cette époque ; en tous cas, il n’y avait pas de fonctionnaire à chaque carrefour pour nous verbaliser). Ça sentait bon la Liberté !

Toujours payer !

Tout a commencé, cette année, aux Baux de Provence où, pour simplement s’arrêter au bord de la route, il en coûte 5 € (forfaitaires, que vous restiez 1 heure ou la journée) ; j’ai bien dit au bord de la chaussée, pas dans un parking gardé ou sécurisé… La visite du village est gratuite mais arrivé au sommet, si vous voulez monter au château pour admirer le panorama, il faut préalablement passer l’octroi et s’acquitter de 14,50 € par personne, sous prétexte qu’un spectacle est donné dans la cour du château (J’y reviendrai ci-dessous). Mais je ne suis pas venu voir un spectacle… Je voulais juste admirer le panorama. J’ai fait demi-tour !

Direction Le Pont du Gard. Pour ceux qui ne connaissent pas, il faut savoir que l’accès au Pont du Gard se situe dans un cul-de-sac de plusieurs kilomètres. Le long de cette route, pas un seul panneau avertissant des conditions d’accès. Au bout de la route, un virage à angle droit vers la droite débouche brutalement sur une barrière de péage (Le même type de barrière que celles que nous avons traversé sur l’autoroute, en plus petit tout de même) sur laquelle un grand panneau indique : 18 € l’entrée. Au pied du mur (de la barrière), sans possibilité de faire demi-tour, d’autant que d’autres voitures s’accumulent derrière, il n’y a pas d’autre solution que d’avancer et de payer ! (Pour ceux que cela rendrait furieux, la solution pour s’en sortir est de prendre un ticket, d’entrer et de ressortir aussitôt : Les 10 premières minutes sont gratuites !)

Au Théâtre d’Orange, en partie masqué par des cabanes de chantier (C’est fou ce qu’on fait comme travaux au mois d’août dans les régions touristiques), une guichetière revêche nous demande 9,50 € pour une entrée avec audio-guide (Annoncée à 7 € dans le guide du Routard 2013).

- Nous ne souhaitons pas l’audio-guide (J’ai mon Guide Vert sur moi), nous voudrions une entrée simple.
- Non, l’audio-guide est obligatoire : C’est 9,50 € ou rien !
- Bon, ben ce sera rien ! Au-revoir.

Aux arènes de Nîmes, le scénario sera le même mais avec une guichetière aimable et souriante. Ça passe mieux et, là, nous avons payé.

Politiquement culturel !

Sans m’appesantir sur le fait que les bâtiments publics appartiennent au contribuable et que tout contribuable devrait pouvoir les visiter gratuitement (Je ne paye pas pour rentrer chez moi, enfin pas encore - c’est qu’ « ils » n’ont pas encore trouvé le moyen), je m’interroge sur ce qui permet à nos fonctionnaires de nous imposer « leur » culture ? J’ai mon Guide Vert et je peux choisir de me documenter sur tel bâtiment qui m’a intéressé, sans être obligé de prendre un audio-guide.

Ce « délire culturel » ne s’arrête d’ailleurs pas là puisque le touriste est également prié de s’extasier sur des objets qu’il n’a pas choisi de voir : Ainsi, aux Baux de Provence, comme je disais ci-dessus, mais aussi au château de Tarascon (très beau château) où des sculptures d’art ( ?) moderne occupent nombre de salles. Le contribuable que je suis, qui finance déjà généreusement les intermittents du spectacle et autres cultureux de tous poils, doit aussi subir la vue de leurs chefs d’œuvre modernes quand il souhaitait simplement se replonger dans une ambiance médiévale…

La première destination touristique mondiale

La France est l’un des plus beaux pays du monde et la Provence est l’une de ses plus belles régions. Mais si les touristes doivent garder la main sur le portefeuille toute la journée et se voir imposer des activités qu’ils n’ont pas choisies, ils finiront par aller voir ailleurs… D’ailleurs, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas grand monde cette année pour un mois d’août…

Pour un pays en pleine désindustrialisation, qui maltraite ses entrepreneurs et qui n’a plus d’autre aspiration que de rester la première destination touristique mondiale, je me demande si tout cela est bien raisonnable ?

Mes prochaines vacances

Pour ce qui me concerne, pour mes prochaines vacances, je vais tenter de trouver un rocher face à la mer où je pourrai poser mon céans gratuitement pour méditer à ce qu’est devenue la France, feu le pays des Libertés, aujourd’hui nation de consommateurs contraints.

Jean-Claude Gouigoux