Comprendre les enfants: enfant, qu’avons nous fait de toi

Désirs enfant

Comment comprendre les enfants, s’ouvrir à leurs désirs et leur sensibilité

ENFANT : qu’avons nous fait de toi ?


Enfant, nous l’avons tous été et pourtant les élever reste d’une complexité qui nous laisse bien souvent démunie. Utiliser notre mémoire de chaque année vécue devrait nous donner les clés de la compréhension de ce petit bout d’être qui est le nôtre, à notre image, et cependant différent. Que s’est-il passer entre eux et nous pour que nous devenions à ce point inadaptés à leurs attentes ? Quant est-il de la nécessité d’emphatie vis à vis d’eux puisqu’elle revêt forcément le risque de ne pas leur donner les repères, les valeurs, les barrières, nécessaires à leur sécurité et leur futur comportement face à la vie. Un risque que l’on ne sait plus prendre qui naît de la peur de leurs léguer la douleur que nous avons eu dans l’enfance et qui laisse sa trace dans notre inconscient.

Alors se pose la question : doit-on les comprendre ou doit-on se fermer à leur désir et leur sensibilité, qui restent leur manière presque animale d’appréhender le monde pour grandir ?

Nos ancêtres ne s’encombraient pas de les entendre, adoptant rigueur et conformisme de génération en génération sans changement profond. Il est loin aujourd’hui ce schéma que les Américains les premiers ont cassé par soucis de voir dans l’enfant un être pensant, doué de ses propres réactions, voire de choix intelligents. Bien sûr, ils avaient raisons, mais qu’en avons- nous fait, sauf de leur inventer de jour en jour plus de protection de tout par soucis de leurs ôter la douleur ?

Comment s’y retrouver entre : écoute, tendresse, protection, devant les épreuves que l’on ne veut plus leurs infliger petit, et l’obligation de les mener armés vers un monde qui lui est resté dur ? Car les épreuves jalonneront leur vie d’adulte, elles sont incontournables et liées sans condition au bien et mal qui depuis la nuit des temps est le propre de l’homme sans qu’il ait réussi à trouver la sagesse suffisante pour les équilibrer.

Les pays industrialisés, dès la moitié du vingtième siècle, se sont basés sur la psychanalyse et la recherche sur le fétus pour asseoir des théories d’éducation. Ces sociétés ont instauré à leur service, années après années, des choix d’éducation basés sur la protection du risque et la réponse matérielle, oubliant de plus en plus le spirituel. Elles ne pouvaient que se fourvoyer puisque dans le même temps la profondeur d’équilibre de l’être humain n’avait pas évolué.

Pour qu’un tel schéma soit efficace, il faudrait la sagesse de chacun et de ce point de vue les progrès sont absents dans nos sociétés qui ont abandonné depuis longtemps de s’entourer de philosophes .

La vraie question : n’est-ce pas celle de l’équilibre entre le bien et le mal dont nous sommes tous investis ? Cet  équilibre qui ne se trouve que dans le spirituel au sens large, trop peu s’emploie à le trouver, une grande majorité vit sous l’emprise de ce conflit naturel avec aveuglement en compensant le manque de réponse par le matériel.

Alors l’enfant subit la fracture entre le progrès technique galopant, la connaissance plus qu’approfondie de son fonctionnement et l’ignorance, voire la négation du peu de changement de notre comportement naturel et profond. Comment s’étonner de son malaise et son inadaptation ? Il nous appartient d’accepter avant qu’il ne soit trop tard de revenir vers la prise de risque, un moindre confort matériel et une réponse spirituelle à leurs offrir. Ouvrons la porte aux philopsophes, les vrais, ceux qui adoptent un langage humaniste, compréhensible par tous y compris l’enfant .

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