Une dent contre le dentiste

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Le mal-amour des dentistes serait-ils justifié? Retour sur des dérives qui pénalisent l'accès aux soins dentaires.

A l’heure où le renoncement aux soins dentaires progresse, la cour des comptes rédige un rapport « accablant » sur les soins dentaires en France et le «manque de transparence du secteur». Retour sur des dysfonctionnement graves.

Pourquoi ont-ils une dent contre le dentiste?

La cour des comptes constate la « faillite des politiques publiques face aux professionnels » et un « manque de transparence » du côté des professionnels de santé. Autre constat, le poids des dépassements d’honoraires, qui représenteraient plus de la moitié des revenus des praticiens, empêche l’accès aux soins et favorise le renoncement.

Pour leur défense, les chirurgiens dentistes répondent qu’ils doivent récupérer le manque à gagner sur les soins conservateurs, qui n’ont pas été valorisé depuis 30 ans. En clair, pour compenser des soins courants « sous-valorisés » les dentistes appliquent des sur-facturations sur des honoraires libres, qui deviennent dès lors « sur-valorisés ». Difficile d’y voir clair dans ces conditions et au final, c’est le patient qui paie.

Des prix totalement déconnectés de la réalité ouvrent la porte aux dérives

Un système opaque bien connu

Le phénomène est pourtant bien connu et la sonnette d’alarme a déjà été sonné à de nombreuses reprises. Fin 2013 par exemple, 60 millions de consommateurs épinglait dépassements d’honoraires et sur-traitements des dentistes en France dans son dossier « les dentistes plombent le budget des messages »

L’opacité entoure les soins dentaires en France : en 2015, la DGCCRF constatait que seuls 17 % des chirurgiens-dentistes remettent un devis détaillé et conforme à la réglementation. Les manquements concernent l’origine des matériaux et la traçabilité : les prothèses dentaires font l’objet d’une dérive certaine, tant leur provenance reste incertaine malgré la loi, et le prix d’achat rarement répercuté sur le prix de vente. Autrement dit, une prothèse importée de Chine et achetée par le dentiste 20 euros sera facturée au même prix qu’une prothèse réalisée en France et achetée 120 euros.

Les prothèse importées représentent 10 à 30% des prothèses posées

La santé est au coeur des préoccupations des citoyens : elle doit s’inviter dans le débat public

Le scandale récent des centres dentaires low cost nous rappelle qu’une solution doit être trouvée en urgence, afin de lutter contre le renoncement qui touche une grande partie de la population pour raison financière.

Si l’accès aux soins dentaires dans un autre pays membre de l’Union n’est pas la solution miracle, elle permet à des milliers de français de se soigner chaque année.

La santé publique doit être remise au centre des prochaines élections présidentielles afin de résoudre le problème du renoncement aux soins dentaires. Mais le problème demeure que chacun œuvre pour sa paroisse et représente les intérêts qui lui sont propres plutôt que ceux des patients : un guerre oppose aujourd’hui les représentants des libéraux aux mutuelles pour mettre la main sur la santé en France. Sans que les patients aient toujours leur mot à dire, ils demeurent les seules victimes de cette situation.

A propos d’Eurodentaire

Les candidats aux soins cherchent parfois dans un autre pays les solutions qui font défaut chez eux : la mobilité médicale des patients, appelée « tourisme dentaire » par confort ou pour mieux le caricaturer offre une réelle alternative et est réglementée par la loi : c’est donc un droit pour tout citoyen !

Eurodentaire informe et sécurise les parcours de soins dentaires en Europe et permet au plus grand nombre d’accéder aux soins dentaires.