Conservation Restauration du Patrimoine, un métier à risques

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Restaurer un tableau, une sculpture, une jarre brisée, un bâtiment....n'est pas sans risque ! Les Conservateurs Restaurateurs qui en sont en charge sont exposés à des risques importants. Une étude européenne les identifie et tente de les minimiser

Les professionnels de la conservation-restauration du patrimoine sont particulièrement exposés aux risques professionnels

Risque mécanique, fréquemment illustré par des coupures, risque TMS avec la manutention de charges lourdes et l’absence de postes de travail ergonomiques, risque oculaire dû notamment à l’utilisation intensive des loupes binoculaires, risque chimique avec l’emploi de produits dangereux pouvant contenir des agents CMR, risque biologique lorsque qu’ils doivent manipuler des objets composites susceptibles d’être attaqués par des agents biologiques…

Aujourd’hui on voit également émerger de plus en plus le risque psychosocial (stress lié aux conditions économiques de plus en plus difficiles) et le risque routier, dans un contexte où des dizaines de kilomètres sont parcourus du fait de l’éloignement des clients et de leurs exigences de plus en plus fortes sur un service « à domicile ».

Ces risques ont souvent été minimisés voire carrément occultés.

Un accident du travail ou une maladie professionnelle, arrive toujours de la même façon, ou que ce soit en Europe, mais les cultures et les législations sont bien différentes ! Les professionnels sont de plus en plus appelés à travailler dans d’autres pays et cette approche interculturelle et législative européenne doit être prise en compte par les professionnels du secteur. Le projet Européen JOCONDA identifie les principaux risques auxquels sont soumis les professionnels, et trace la voie à une approche plus sure et plus durable de la Conservation-Restauration.

Sensibiliser les professionnels

Un des enseignements tiré des résultats du projet, amène à sensibiliser l’ensemble des professionnels aux risques encourus, mais aussi démontre l’importance de la prise en compte d’une démarche de Santé Sécurité au Travail, d’une part des professionnels (qui sont peu (in)formés à la prévention des risques, mais aussi des donneurs d’ordre publics qui n’intègrent pas la SST dans la planification et l’organisation des chantiers dont ils sont en charge. La cohabitation, en un même lieu de corps de métiers différents, avec des matériaux et outils différents, renforce le risque encouru par chaque professionnel. La responsabilité juridique personnelle de ces donneurs d’ordre (souvent publics) peut être engagée en cas d’accident ou de maladie professionnelle.

Le projet JOCONDA, co-financé par l’Union Européenne regroupe 8 pays (France, Suisse, Pologne, Hongrie, Belgique, Espagne, Italie, Slovénie) 15 organisations publiques et privées, Universités, organismes publics en charge de la Santé Sécurité au Travail, professionnels, Organismes de formation…

Un colloque international parrainé par l’UNESCO, Maribor Capitale Européenne de la Culture 2012, est organisé à Draguignan Figagnères du 17 au 21 Juin 2013 (http://art-conservation.fr/colloque-2013) et abordera les différents risques du métier et les moyens de s’en protéger.