Retour d'expérience sur les initiatives emploi de Pôle Emploi

6h00 le réveil me tire du lit, rapide coup d’œil par la fenêtre, temps maussade, comme moi.

Trente minutes plus tard,  rasé de près, paré d’un pantalon à pince, chemise et veste de ville, je me lance à l’assaut de la circulation.

Arrivé à Paris porte de pantin, il est 10h00, multitude de voitures, de travaux, de déviations, rien d’inhabituel, la pagaille de tous les jours.

Tiens, mais ou est donc ce salon ?

Ah, je remarque quelques passants qui se pressent tenant des dossiers à l’en-tête de Pole emploi. Je décide de les suivre.

Enfin j’aperçois une affiche indiquant « forum de l’emploi ».  La halle semble importante, je me gonfle à bloc, et me dirige vers ce salon.

Jeu de piste, c’est juste l’affiche qui orne un bâtiment fermé, il faut chercher encore. 300 mètres de plus et j’aperçois une équipe de télé, enfin j’ai trouvé, eurêka, à moi l’emploi.

J’entre dans le salon, un endroit particulier. Ambiance glauque, stand en cloison sans fioritures, affichettes scotchés sur les cloisons, peu d’éclairage, un accueil inexistant.

Je prends sur moi et commence à explorer ce salon, mission qui ne me prend que dix minutes, un tiers est occupé par pole emploi. Sans intérêt.

Quarante stands sont ainsi disposés, je vais donc me mêler à cette foule de quidams en recherche d’emploi et observé ce qui se passe.

Devant les stands, carrefour, Décathlon, mac Donald, Kfc, des dizaines de personnes font la queue. C’est l’abattage, deux ou trois bureaux, les gens s’assoient  tendent un cv . Réponse laconique des employés

– à quelle heure pouvez-vous être là le matin ?

-Vous travaillerez le dimanche…

-vous avez déjà travaillé en caisse ?

-bien merci on vous contactera, enfin pas nous mais le recruteur.

Tiens il est ou celui-là ? Et qui sont donc les gens qui accueillent le public ?

Personne ne posera cette question.

Je continue et tente moi aussi l’expérience auprès du stand casino.

-Bonjour.

je tends mon CV à une femme qui n’a rien d’avenant et lui explique que je cherche un poste cadre RH ou juridique.

Froncement de sourcil, elle regarde le CV en diagonal, et me questionne sur ma connaissance du groupe. Je réponds volontiers, mais je ne sais toujours pas ce qu’ils recherchent.

En même temps elle discute avec son collègue, sur la pause de midi.

– On a des repas plateaux prévus dit-elle.

-Oui ,réponds le collègue, je vais voir et il part plantant là, l’homme qui prenait place devant lui en entretien, l’écartant d’un revers de la main en maugréant, passez à coté.

Je tente de détendre la femme qui me reçoit en lui témoignant de l’empathie. Peine perdue son visage reste figée, elle me rétorque

– je vous sens pas optimiste !…

_ Bah voyons – je nage en plein bonheur.

Elle vient de me laisser entendre qu’il n’y a aucun poste en RH, vu que ce n’est pas la priorité et que de toute façon je suis trop diplômé.

Son collègue revient et coupe l’entretien. Pas de plateaux repas. Air dégouté de la dame, sourire de circonstance de ma part, elle a l’air furieuse.

- Bon je transmets votre CV au recruteur (tiens là aussi ?) qui vous contactera si vous correspondez.

Elle rebaisse la tête sans un mot me signifiant congé. Je déguerpi sans demander mon reste, me jurant qu’à l’avenir je ne consommerai plus chez casino.

Une bouffée d’oxygène et je file chez carrefour. Pa s la peine ici non plus, pas de poste d’encadrement. Caissière, manutentionnaires sont les emplois à pourvoir.

Passage par EDF, pas d’attente, les deux accueillants discutent ensemble.

Attente polie de ma part, puis interrogation de l’un des deux.

-Oui ? Bonjour, poste cadre ? Non nous ne cherchons que des postes de base.

Maintenant je suis au courant.

Je refais un tour et en lisant les documentations qui consistent pour la plupart en une feuille scotchée sur le stand, je réalise qu’une dizaine de stands ne propose rien de concret.

Des organismes de formation privée payantes (sic) « c’est bien connu le chômeur est riche »

l’AFPA, le Greta sont là aussi,

la FNAIM qui propose de vous mettre à votre compte moyennant un apport capital de votre part

Société gestionnaire de site internet d’emploi (payant pour les employeurs, pensai-je),

Un syndicat professionnel patronal

Des sociétés de portage certaines qui poussent à l’auto entreprise,

Quelques sociétés de services en ressources humaines.

File d’attente devant un stand.

Puis sur question d’un des attentistes, la personne assise précise qu’elle ne fait pas partie de la société exposante.

Ce ne sont que deux visiteuses qui rangent leur dossier. L’exposant n’est pas là.  La file se dissout lentement, les visages sont las.

Passage éclair par la RATP, sans commentaires.

Tiens le MEDEF, j’y vais.

Mais il n’y a personne, juste des visiteurs affalés sur des sièges devant des panneaux d’annonces sans intérêt. Qui mange, un autre boit, un autre encore dort. Le stand est sale et ressemble plus à un espace d’attente de gare.

Détour par la cafétéria, un espace sans forme, qui coupe l’appétit. Trois aliments informes se battent en duel, quelques boissons et c’est tout.

Je me dirige vers les espaces emploi-séniors, là c’est la rigolade.

Des emplois de complément pour les retraités et toujours et encore des petits boulots, mais on vous prévient cela concerne les plus de 50 ans. Tristesse et décadence.

Les stands de KFC, carrefour, mac do, starbucks, Kfc, ikéa, phone régie et casino sont bondés. On reçoit les CV à tour de bras pour embaucher au SMIC ou à mi-temps. Allons-y exploitons….

Un employeur sérieux est là, le groupe Safran, tellement spécialisé qu’il est inopportun   de s’y arrêter.

Après trois heures de présence dans cet espace, j’en ressors maussade. Je rejette un coup d’œil au courrier du Pôle emploi qui m’invitait à cet événement.  Heureusement qu’il est précisé que je fais parti des 20 000 candidats sélectionné pour ce forum en considération des compétences acquises.

J’ai constaté pour vous que les affirmations des plus hautes autorités de l’état étaient bien suivies d’effets, reste à déterminer lesquels ?

Demandeurs d’emploi qualifiés ou non, plus de 50 ans, soyez rassurés un avenir radieux s’ouvre devant vous.

Pôle emploi montre là tout son talent et son initiative. A vous d’en juger.

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