Interview Franck Stella and the Distrikt

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Pour mieux connaître Franck Stella, je vous propose une petite interview alternative : toutes les réponses sont authentiques ...

Ievannah Lightingale

Une question un peu sérieuse : tes inspirations ?

L’ultime personnage musical pour moi c’est Lou Reed. Parce qu’il sort du simple  contexte musical et qu’il rejoint directement le chamanisme. Il utilise sa pour développer des opérations de haute magie et appliquer aux performances scéniques un travail d’envoûtement. De l’hypnose en profondeur sans rien faire. Je suis en admiration devant sa maîtrise de l’expression minimale et l’art de chanter sans émettre presque aucune note. C’est ça finalement qui m’a décider à utiliser le slam plutôt que le chant. En fin de compte le style de Lou Reed c’est l’idéal du romantisme sombre. Il rejoint un frontière d’ordre presque mystique.  Du mysticisme. Il a eu récemment avec Metallica une approche de slam sur le métal et ça rend le métal intéressant.

Tu aimes des choses complètement différentes :  n’y a il pas Alain Chamfort aussi ?

Alain Chamfort c’est aussi une source d’inspiration forte. Il est angoissant d’équilibre et maîtrise la pureté à la manière d’un saint. C’est une sorte de dandy de l’air qui est familier de la perfection. Il a ça en commun à mon sens avec Lou Reed qui est aussi dans son expression très minimale. Ce pourrait être une façon d’interpréter l’élégance. Lui et Lou, lls sont chargés d’une harmonie forte qui leur échappe comme une forme de pudeur devant la mort.

Pour l’équilibre, tu peux nous en citer une troisième inspiration ?

Après j’ai envie de dire il y a Julio Eglesias aussi. C’est, comment dire, un monstre chargé d’énergie substantielle. Lui, comme les autres, a ce talent des maîtres : des sons et des gestes faibles presque vulnérables qui ont un puissant pouvoir d’écho et qui saisissent notre corps sensible dans une inquiétante profondeur. Julio Eglesias est peut être un peu moins minimal puisque c’est une mélodiste et un vocaliste extrêmement technique mais il utilise sa féminité comme une arme redoutable à séduire. Le simple fait de voir Julio Eglesias respirer c’est déjà quelque chose de très excitant.

Et sinon tu sers à quoi ?

L’artiste c’est comme un gigolo on le paie pour être diverti.

Tu faisais autre chose avant de slamer ?

Autour de 20 ans j’étais chanteur et guitariste dans un groupe Punk qui s’appelait Uranium. Je prenais des cours de chant et je travaillais beaucoup la guitare. Ce que je ne fais plus maintenant. Certains producteurs étaient très intéressés pour me faire travailler en studio. J’aviais à la guitare un jeu nerveux et très émotif. Mais quand je me suis remis à la musique bien plus tard, c’était au slam. Je travaillais avec un groupe de fusion jazz dans une formation qui s’appelait Détective. J’ai trouvé très intéressant de ne plus utiliser d’instruments sur scène et de ni même plus utiliser ma voix comme instrument et de n’utiliser que le rythme. Avec Détective il y avait un gros travail sur le contretemps. Ça a été aussi pour moi la rencontre avec la philosophie du jazz et la musique qui n’est plus seulement un outil émotionnel mais également un support  qui amène à réfléchir. Ce qui m’a orienté, après le travail avec Détective, sur le rock progressif et l’électro.
Dans l’électro ce qui m’intéresse c’est une nouvelle forme de musique qui commence à apparaître comme populaire aujourd’hui qui sort du schéma du quatre temps qui était la référence du blues et du rock pendant 60 ans. D’une certaine façon, l’électro serais une nouvelle expression du jazz contemporain.

Quel est le secret du bonheur ?

« Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes »

Tu chantes sur du Bukowski, du Cendras du Prévert, du Aragon aussi. Pourquoi toujours des textes subversifs ?
Parce qu’il y a quelque chose de sexuel dans la subversion. Les poètes subversifs pratiquent dans la simplicité la mise en tension et montrent de quel manière les hommes sont souvent très embarrassés face à leur désirs. Je trouve ça plus intéressant d’évoquer les défauts des hommes plutôt que leurs qualités. Il y a quelque de très ennuyeux dans la vertu parce qu’elle ignore l’obsession.

Ce qui semble contraire à ta vision de la musique elle-même puisque ce que tu recherches c’est pureté.
D’une certaine manière les poètes comme Bukowski aspirent à la « noblesse » et à l’injustice ce qui les rend humains et excitants. Ils sont des anti-héros non pas parce qu’ils attirés par le mal mais parce qu’ils sont fascinés parce  ce qui est sale.

Quel a été ton dernier rêve ?

Je ne me souviens pas de mes rêves

Ecouter et voir les clips sur http://franckstellamusic.blogspot.fr

Franck Stella par Anne-Juliette le 26 décembre 2012