Entretien avec Guy de Montulé, de la Fondation les Enfants de Huê

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Guy de Montulé présente la genèse et les activités de la fondation "Les Enfants de Huê", dédiée à la scolarisation des familles défavorisées de la région vietnamienne de Huê.

Quand et comment a été édifiée la Fondation Les Enfants de Huê ?
La Fondation Les Enfants de Huê a vu le jour en réponse à la rencontre faite par le Père Patrick-Marie Sérafini avec les sœurs de la Congrégation des Amantes de la Croix de Huê pendant son périple au Vietnam. Cette congrégation de religieuses fut lancée au cours de 1719 sous l’impulsion des Missions étrangères de Paris et s’est donnée pour but d’apporter éducation, nourriture et soins aux enfants vivants dans la région de Huê.

Le père Patrick-Marie Sérafini aspirait à assister les sœurs qui éprouvaient à cette époque des problèmes pour obtenir de la nourriture pour les enfants. En tant que vieil ami du Père Sérafini, ce dernier me contacta naturellement afin de pouvoir obtenir du riz à bon prix sur le marché vietnamien.
J’ai vite découvert que les problèmes étaient aussi bien d’une question de manque de moyens que de prix trop onéreux du riz cultivé en local, nous avons alors lancé la Fondation Les Enfants de Huê afin de pouvoir recueillir des donations de la part de nos amis et de nos réseaux de connaissances et ainsi d’apporter un soutien financier aux sœurs et leurs jeunes pensionnaires.

Quel en est fonctionnement de la Fondation ?

Notre modus operandi est le suivant : la totalité de l’argent récolté est envoyé aux sœurs pour être investi sur place étant donné que la Fondation, située à Genève, oeuvre sans dépenses de personnel, chaque volontaire travaillant à titre gracieux. Les budgets de la fondation Les Enfants de Huê sont de plus sous le contrôle d’une fiduciaire pour garantir une complète transparence quant au bon usage des capitaux.

Nous disposions pour l’année 2013 d’un financement, sans prendre en compte la trésorerie vouée aux nouvelles installations, d’environ 220 000 dollars. Cet argent a été consacré à l’acquisition de denrées alimentaires et aux frais d’études des jeunes de 10 à 20 ans. Cette répartition est plus ou moins similaire aux années précédentes, et ce depuis 2003.

Cette manne financière donne la capacité aux sœurs d’être ainsi plus disponibles auprès de leurs jeunes pensionnaires. Elles peuvent par la même concevoir d’autres activités, notamment concernant les secteurs de l’art et artisanat religieux, générant ainsi des revenus supplémentaires.

Notre fondation finance également localement de nouveaux bâtiments comme par exemple une école maternelle dans la province de Huê, qui a été baptisée en 2012 et qui accueille présentement quatre cent élèves.

En 2003, environ 1 millier d’enfants et adolescents étaient sous la protection de la Congrégation, ils sont à présent un peu plus de 2500 répertoriés parmi les multiples écoles des villes et villages dans les abords de de Nha Trang, Saigon, Huê et Danang.

Comment se passe la selection des enfants ?

La Congrégation reçoit des jeunes âgés de 2 et 6 ans. Nombre de ces enfants sont issus d’un milieu très modeste, ayant peu de revenus, et auprès de qui une scolarisation est offerte. D’autres élèves proviennent de familles aux revenus moyens ou encore d’un milieu fortuné, il est alors demandé à ces derniers de verser des coûts de scolarité en fonction de leur budget.

Les élèves sont accueillis entre 7H00 le matin et 18H00 le soir, le repas est fourni sur place puis, la journée finie, ils retournent pour la majorité chez eux. A 6 ans les enfants pauvres reçoivent une bourse pour continuer leurs études dans le système scolaire vietnamien.
La réussite de nos écoles tient autant au caractère gratuit de l’enseignement qu’à l’excellence des cours proposés.

Vous fournissez également des bourses d’étude pour atteindre le bac ?

Absolument, des subsides sont décernés à plus de cinq cents élèves âgés de 10 à 18 ans, provenant de milieux défavorisés, et qui ont la constance et les compétences pour avoir une chance raisonnable d’obtenir leur baccalauréat.
Leur scolarité est prise en charge afin de leur garantir un développement intellectuel, humain et scolaire. Ils ont d’ailleurs tous des notes admirables ! Leur enthousiasme représente une authentique source de fierté pour tous nos membres.

Au bout de dix ans d’existence à Huê, quel a été l’impact de la Fondation Les enfants de Huê au niveau local ?

Il est clair que la Fondation a donné un nouvel élan auprès de la Congrégation des Amantes de la Croix de Huê. Les sœurs ont été en mesure de diversifier leurs activités et leurs recettes, au bénéfice des jeunes. Nous sommes très fiers de notre école ouverte à tous, assurément la plus belle de la région ! L’instruction qui y est dispensé a gagné une remarquable notoriété et de nombreux ménages ambitionnent d’ y dépêcher leurs jeunes enfants.

Trouvez-vous le temps pour retourner sur place ?

De mon côté, j’ai pour habitude de voyager dans la province de Huê une fois l’année, pour soutenir les sœurs de la Fondation qui s’acquittent d’un travail formidable, ainsi que d’ accomplir le tour des écoles de Huê afin de confirmer que tout se passe bien.

Nous avons instauré de plus avec Patrick-Marie Sérafini un court séjour pour les principaux bienfaiteurs. C’est un réel plaisir pour eux d’apprécier, au fur et à mesure du temps, l’évolution de notre travail. La dernière visite a eu lieu en mai 2014.

Quelles sont vos futurs programmes ?

La Fondation a encore un certain nombre objectifs à finaliser.

Nous avons inauguré courant mai un foyer dédié exclusivement aux sœurs de la Congrégation. Nous avons l’intention de fournir une retraite décente et tranquille à ces personnes dévouées qui ont données toute leur énergie aux enfants de la Fondation, en mettant à leur disposition une maison de repos disposant des arrangements adéquats.
Nous ambitionnons, dans un proche avenir, de construire une maternité pour les futures mamans qui viennent se réfugier auprès de la Congrégation. Nous envisageons de plus d’ériger une implantation avec un restaurant économique à destination des élèves pauvres originaires avant tout des régions rurales. L’emplacement est déjà négocié et nous nous nous concentrons maintenant sur le planning de construction.
En résumé, il nous reste en réalité de nombeuses actions à aboutir !