Gouvernance en Haïti: comment passer de la tradition à la modernité
Haïti souffre d’un problème de gouvernance qui empêche le développement du pays vers la modernité. Comment faire évoluer le pays vers la bonne voie?
Un gouvernement du peuple sans information du peuple, ou sans les moyens de l’acquérir, ne serait-ce que le proloque d’une farce ou d’une tragédie, voir des deux à la fois. Le savoir régnera toujours sur l’ignorance, et un peuple qui entend se gouverner lui-même doit s’armer du pouvoir que confère la connaissance (James Madison, ancien Président des Etas Unis d’Amérique, 1822).
Quelques années du Bicentenaire de l’indépendance nationale, la République d’Haïti n’est toujours pas engagée dans un processus de développement humain durable. Tous les experts et analystes ont convenu que la mauvaise Gouvernance représente l’un des facteurs importants de ce blocage, empêchant ainsi au pays de passer de la tradition à la modernité. L’analyse de l’Etat haïtien au cours des dernières décennies permet d’identifier trois grandes crises majeurs : crise de légitimité, crise d’efficacité et de productivité, et crise de répartitions des ressources. La permanence de ces trois crises a des effets combinés et constitue l’un des principaux obstacles au développement du pays.
Le pouvoir l’Espoir, dans l’état actuel des choses, n’est pas en mesure d’atteindre les objectifs de développement internationalement reconnus. Le leadership l’Espoir mobilise des ressources insuffisantes et les gères de surcroît, de manière inefficace sans oublier l’inéquité dans leur distribution la Communauté Internationale dans le sens global et total de ce terme a semblé se rendre à l’évidence que l’Etat haïtien d’aujourd’hui ne peut pas garantir le développement humain réel et durable des haïtiens.
Au fait, comment définir la gouvernance ? M. Jean Charles MERVIL, propose la définition suivante :
L’exercice de l’autorité économique, politique et administrative en vue de gérer les affaires d’un pays à tous les niveaux. Il englobe d’une part, les mécanisme, processus et institutions par le biais desquels les citoyens et les groupes expriment leurs intérêts, exercent leurs droits, assurent leurs obligations et, d’autre part, les institutions auxquelles les citoyens s’adressent en vue de régler leurs différents. Quelles sont donc les caractéristiques de la bonne Gouvernance ?
1) La participation dans la prise de décision, directement ou par l’intermédiaire d’institutions légitimes qui représentent les intérêts des populations, fondée sur le respect des droits de l’homme.
2) La Transparence fondée sur la libre circulation de l’information. Les personnes concernées peuvent avoir accès aux processus et institutions pour comprendre et suivre les questions qui les concernent.
3) La Responsabilité des décideurs qui ont l’obligation de rendre compte à la population.
4) L’efficacité et l’efficience : les processus et les institutions donnent des résultats en fonction des besoins tout en utilisant au mieux les ressources disponibles.
5) L’équité : tous les hommes et les femmes ont la possibilité d’améliorer ou de maintenir leurs conditions de vie.
6) Primauté du droit les cadres juridiques doivent être équitables et les textes juridiques appliqué de façon impartiale.
7) Orientation du consensus : la bonne gouvernance joue un rôle d’intermédiaire entre des intérêts différents pour aboutir à un large consensus.
8) Vision stratégique : les dirigeants et le public ont une vaste perspective à long terme de la gouvernance et du développement humain, ainsi qu’une idée de ce qui est nécessaire pour y parvenir la bonne gouvernance et le développement humain durable.
Poser la problématique de la gouvernance en Haïti, c’est parler fondamentalement du conjoncturel avec ses problèmes concrets vécus au quotidien par les Haïtiens. Il s’agit de l’organisation et de la gestion tant au quotidien que sur le long terme de la société haïtienne dans toute sa complexité. Particulièrement à un moment historique où tout est remis en question et de redéfinition des rôles de l’Etat, de la Société Civile, des Institutions économiques et financières, sociales et religieuses etc, et surtout de mutation des normes, règles et valeurs.
En Haïti, bilan commun de pays prépare par le Système des Nations Unies en Haïti (ONU), il a été donné d’apprécier le gouvernance sous trois angles après quelques examens. Il y a lieu de faire mention de l’instabilité chronique des institutions politiques de base vidées de leur contenu sous la dictature des Duvalier et mises à mal par les exigences de changer l’Etat, la dialectique des trois (3) pouvoirs. Ce difficile parcours vers l’établissement d’un système démocratique, un système incomplet de représentation ignorant le nouveau rôle du citoyen. La nécessité d’un plan Marshall pour Haïti.
- Le cadre macro-sosial : la citoyenneté et les conditions de sa Constitution
- Le cadre Constitutionnel ou la gestion du national.
- L’environnement externe ou les conditions d’insertion dans le global.
La Constitution de 1987
Versus la réalité
Le préambule de la Constitution de 1987 énoncée sans équivoque le type de société à édifier.
- Le peuple Haïtien proclame la présente Constitution :
- Pour garantir ses droits inaliénables et imprescriptibles à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur ; conformément à son acte d’indépendance de 1804 et à la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
- Pour constituer une nation haïtienne socialement juste, économique libre et politiquement indépendance.
- Pour rétablir un Etat stable et fort, capable de protéger les valeurs, les traditions, la souveraineté, l’indépendance et la vision nationale.
- Pour fortifier l’unité nationale, en éliminant toutes discriminations entre les populations des villes et des campagnes, par l’acceptation de la communauté de langues et la culture et par la reconnaissance du droit au progrès, à l’information, à l’éducation, à la santé, au travail et au loisir pour tous les citoyens.- Pour assurer la séparation et la réparation harmonieuse des pouvoirs de l’Etat au services des intérêts fondamentaux et prioritaires de la Nation haïtienne.
Pour instaurer un régime gouvernemental basé sur les libertés fondamentales et le respect des droits humains, la paix sociale, l’équité économique, la concertation et la participation de toute la population aux grandes décisions engagement la vie nationale, par une décentralisation effective.
Depuis la ratification de cet important outil de progrès et de développement humain durable, la Nation Haïtienne à cause de ses divisions n’est toujours par parvenu à implémenter les « bases légales » de ce Nouveau Projet Sociale. Quel leadership politique à blâmer ? Ceteris paribus, le Président René Gracia Préval a-t-il raté depuis lors venir au pouvoir à l’ordre démocratique son rendez-vous historique au regard de la Constitution de 1987, massivement ratifiée par le peuple haïtien qui est le seul dépositaire de la Souveraineté Nationale?
- Les effets du processus d’exclusion qui caractérise historiquement, Social et politique haïtienne. L’écrasante pesanteur des traditions politiques, sociales et culturelles qui ont structuré Haïti depuis près de deux siècles.
Au nom de la tradition, le personnel politique tolère parfois dysfonctionnements des institutions, (exemples de certaines incarcérations reconnues en privé comme abusives).
La tolérance de l’illégalité, la mise en place des institutions et mécanismes décisionnels prescrits par la Constitution est l’objet de diverses formes et tentatives de contournements.
La faiblesse de l’Etat qui n’a pas les moyens de sa politique et qui n’a toujours pas défini une tragédie de transition démocratique où il acceptait une progression dans l’application des dispositions constitutionnelles.
Les ambiguïtés de la Constitution en ce qui concerne le mandat de l’Etat, particulièrement en matière de services publics. Il est impératif que l’Etat puisse définir un espace public qui lui permettrait de garantir et de faire valoir à tout citoyen ce à quoi il a droit.
L’attitude des secteurs privé et non gouvernemental dont les organisations se disant apolitiques, qui tirent leur épingle du jeu en intervenant à leur guise sans s’intégrer dans un espace collectif de développement. Le caractère de nébuleuse très lointaine et quasi hors d’atteindre que représente la Constitution dans l’imaginaire collectif haïtien.
Les choses étant ce quelles sont, la Constitution de 1987 est l’autorité juridique à cause de sa légitimité politique. De plus, elle est cohérente et plus encore, elle est en adéquation aux enjeux nationaux et internationaux auxquels notre pays est confronté. La Constitution de 1987 est la référence incontournable.
Jean Charles MERVIL
Journaliste, Annaliste politique

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