Livre : Comment produire plus grâce à l’agriculture durable ?

Contacter Commenter Site Web

C’est à cette question que répond Jacqueline Launay, dans son ouvrage intitulé Produire plus. Une agriculture durable pour un environnement durable.

Très documenté, avec de nombreuses citations, encadrés, rappels historiques, références officielles et témoignages s’y succèdent et enrichissent le texte sur des points très précis.

Couverture

Alors que la Terre devrait accueillir 9 milliards d’hommes en 2050, les experts estiment qu’il faudra au moins doubler la production agricole mondiale d’ici là, pour subvenir aux besoins de l’humanité.

Or les solutions qui ont permis d’augmenter la productivité des exploitations depuis le milieu du XXe siècle montrent leurs limites.

En effet, ce système, qui nécessite beaucoup d’eau, est extrêmement polluant et dégrade l’environnement. De plus, les phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, la désertification des sols, l’élévation du niveau de la mer et l’urbanisation croissante limitent les surfaces cultivables disponibles.

C’est pourquoi Jacqueline Launay plaide pour une transition vers une agriculture durable, économiquement viable, et n’entraînant aucune nuisance pour la nature et la santé de l’homme.

L’agriculture durable doit concilier dimensions économiques, sociales et environnementales

Lors de la Conférence de Rio de Janeiro, en 1992, les chefs d’états ont, pour la première fois, adopté une déclaration commune qui fixe des recommandations visant à mieux gérer la planète. Au cœur des enjeux, l’agriculture doit à la fois nourrir les hommes et préserver les écosystèmes.

Comment y parvenir ?

En s’engageant pour la durabilité, un agriculteur veille à ne pas épuiser les ressources naturelles locales en préservant la biodiversité, la qualité de l’eau et des sols. Les générations futures trouveront ainsi une terre indemne de toute détérioration et apte à les nourrir.

Le bénéfice pour la planète est évident mais l’agriculture durable doit également devenir économiquement viable. Cela passe par une transformation des systèmes de production, en convainquant les cultivateurs de leurs bienfaits et en dynamisant les échanges locaux.

Régénérer la vie des sols est un préalable fondamental

La préparation du terrain doit permettre de protéger la vie du sol et sa biodiversité. Dans ce système, un jardinier ne retourne que la couche superficielle du terrain. La terre est alors aérée sans être travaillée en profondeur, afin de ne pas détruire la vie végétative très importante pour le développement des plantes.

La qualité de la terre est un enjeu essentiel. Un compostage régulier des surfaces cultivées permet de l’enrichir. L’humus, très dégradé par l’apport d’engrais et de pesticides, doit faire l’objet d’une attention particulière. En effet, il favorise la nutrition des plantes et constitue une réserve alimentaire. Jacqueline Launay conseille d’ailleurs, lors du démarrage d’un jardin potager, de faire analyser le taux d’humus dans le sol pour connaître la qualité du terrain.

La présence de vers de terre contribue également à entretenir les propriétés physiques des sols. Elle cite, à ce sujet, Stephane Le Foll, alors Ministre de l’Agriculture : « cinq tonnes de vers de terre à l’hectare, ça vous remue 280 tonnes de terre. Pendant ce temps là, vous n’avez pas besoin de labourer. » (AFP - 27/11/2014 ).

Adopter des pratiques durables

Certaines pratiques de culture favorisent la qualité et le rendement d’une récolte tout en préservant l’environnement. C’est le cas de l’association de végétaux sur la même parcelle pour leurs bénéfices mutuels. De même, des éléments auxiliaires sont souvent utiles contre les ennemis des cultures : pose de nichoirs, haies, zones-tampon autour des cultures, etc.

Ainsi, l’agroforesterie, en mélangeant arbres et herbacés, permet d’augmenter la production des terres. L’arbre devient ainsi protecteur des cultures, enfonçant ses racines profondément dans le sol, permettant aux pluies de mieux s’infiltrer pour recharger la nappe phréatique.

La pratique d’une rotation des cultures dans le temps, en agriculture comme en jardinage, améliore la fertilité des sols pour en augmenter les rendements. Tout en régénérant le sol, semer la première année des légumineuses, qui ont la capacité de fixer l’azote atmosphérique, garantit de belles récoltes à venir.

Exemple de rotation pour une sole

1ère année : légumineuses (haricot, pois, fève ou lentille..)
2ème année : légumes-feuilles (mâche, choux, salade, épinard…)
3ème année : légumes-fruits (tomate… melon, courge, potiron, citrouille et concombre…)
4ème année : légumes-racines (carotte, panais, radis, betterave, navet) qui s’associent à merveille avec les légumes dits « bulbes» comme : oignon, échalote, ail….

Jacqueline Launay consacre un chapitre à l’organisation de ces rotations et donne des exemples d’alternance de cultures.

Focus sur l’exploitation de Christian COUVRETTE, adepte de l’agriculture durable au Quebec

Ce témoignage constitue une preuve de l’efficacité des modes de production durables.

L’agriculteur pratique de longues rotations de cultures qui incluent quatre ans de luzerne, une ou deux années de maïs, un an de soja et un an de petites céréales. La qualité du sol est améliorée par l’apport de fumier issu de son troupeau laitier.

« Quand l’équipe du semencier est arrivée sur place pour la pesée officielle, on a dû s’y reprendre à trois reprises à tel point que le résultat était improbable : 17 Tm/ha (soit 6,9 tonnes à l’acre) ». Ces résultats sont d’autant plus impressionnants qu’au Québec, les producteurs de maïs-grain estiment avoir un très bon rendement lorsqu’ils atteignent ou dépassent 10 Tm/ha (4 tonnes à l’acre). « Il n’y a eu aucun désherbage » précise-t-il fièrement.

Launay Jacqueline, « Produire plus ! » Une agriculture durable pour un environnement durable.
BoD Editions, 21 juillet 2015. ISBN- 978-2-322-01991-5 ; Livre Broché - Langue : Français ;

220 pages - format 14,8 x 21 cm - Prix : livre papier 10,29 euros, livre numérique 4,49 euros