Exploitation des enfants: le Togo particulièrement touché

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Réflexion sur la situation des enfants victimes d’exploitation du travail au Togo

L’analyse des données recueillies, après enquête menée par l’association JVAD, a démontré qu’il existe dans les quartiers Bè-kpota, Bè-gakpoto, Adakpamé, Anfamé, Akodessewa des centaines d’enfants vivant en situation de travail.

Parmi ces enfants, on enregistre les enfants victimes d’exploitation par le travail. Il s’agit des enfants vendeurs ambulants, postés, portefaix, pousse pousseurs, vulcanisateurs, enfants domestiques, les enfants mendiants, guides des mendiants, les enfants servant dans les bars et maquis. Ces enfants ont généralement entre 6 et 17 ans.

Cette situation des enfants est la résultante de l’association de plusieurs causes notamment la pauvreté extrême, le décès de l’un ou des deux parents, les parents déplacés vers des localités lointaines pour causes de travail, les parents poursuivis pour des raisons politiques, les parents souffrant d’un mal chronique (VIH/SIDA, déficience mentale prolongée…), les conflits conjugaux, le divorce ou séparation des parents, la famille nombreuse à charge, l’irresponsabilité des parents.

Ces enfants sont victimes d’exploitation du fait du travail. Or le Code de l’enfant du Togo conformément aux conventions de l’Organisation Internationale du Travail interdit le travail des enfants avant l’âge de 15 ans. Même âgé de 15ans, l’enfant ne devrait pas accomplir certaines taches dépassant sa capacité physique.

Dans la réalité, c’est uniquement le contraire. Les enfants, étant sans soutien familial, n’ont aucune prise en charge. Ils sont laissés pour compte. A cet effet, n’ayant pas le choix et devant survivre aussi, les enfants sont victimes d’exploitation par le travail. Pire encore, cette forme d’exploitation appelle une autre exploitation. Les enfants victimes d’exploitation par le travail sont en grande majorité victimes d’exploitation sexuelle du fait de vulnérabilité.

Face à la question de savoir si ces enfants travaillent de leurs propres volontés, il faut répondre que certains exercent ces « métiers » de bon gré alors que d’autres le font sous la contrainte.

S’agissant des premiers, c’est-à-dire ceux qui travaillent de gré c’est généralement les enfants des deux sexes, garçons et filles, qui exercent le métier de portefaix pour gagner leurs subsides.

Leur revenu journalier est de 300 francs CFA soit demi-euro. Ces enfants, majoritairement les garçons, font du marché leur demeure. Ils y dorment et s’y lavent. Notre étude à révéler que sur dix garçons vivant dans le marché, deux sont abusés sexuellement et que les dix ne sont pas scolarisés.

Il faut cependant noter que les mercredi soir et samedi, le nombre d’enfant remarqué dans les marchés augmente. Certains enfants scolarisés, démunis également, vivant avec des tiers ou orphelins, viennent s’ajouter pour faire ce travail. Ces derniers sont sans doute attirés par ce « métier ». Ils sont à risque de tomber dans le travail portefaix.

Par contre, les filles, habitent dans les maisons portefaix qui sont des abris de fortunes où elles payent 100 francs quotidiennement au propriétaire. Dans cette catégorie d’enfant, notre étude à relever que la nuit ces filles, au lieu de dormir, sortent pour se prostituer.

La conclusion partielle sur les enfants qui exercent volontairement le travail de portefaix est d’une part, qu’en réalité, ils n’exercent pas volontairement ce travail. Ils y sont contraints par les conjonctures économiques. D’autre part, il faut relever que ces enfants sont exploités doublement. Autrement dit, ces enfants subissent l’exploitation émanant de leur travail et l’exploitation sexuelle émanant de leur lieu d’habitation.

S’agissant de la deuxième catégorie, les enfants forcés au travail, l’étude à révéler qu’ils sont des vendeurs postés ou des vendeurs ambulants.

Les vendeurs postés sont des enfants qui sont postés de 7 heures à 19 ou 20 heures devant un étalage de marchandises. Par contre, les vendeurs ambulants sont ceux qui se promènent avec une marchandise sur tête toute la journée sans aucune pause.

De surcroît, la corvée domestique incombe uniquement à ces enfants. Elles se couchent généralement à des heures tardives soit 23 ou 24 heures. Il faut noter que ces enfants sont à plus de 85% des filles et vivent en général chez un parent ou un membre de la famille ou carrément qui sont recrutés comme domestiques.

Comme si cette souffrance ne suffisait pas, certains tuteurs ou époux de tutrice abusent de ces enfants.

En somme, la situation de ces enfants est alarmante. Leur avenir est hypothéqué par ces « métiers ». Ces enfants traversent des situations extrêmement difficiles et inimaginables. Ils sont sans secours, livrés aux abus de tout genre. Ces enfants vivent l’enfer sur la terre. Mais, une chose est certaine, ils n’ont pas choisi ce destin et ils n’accepteront le choisir pour aucun sacrifice au monde.

Fort de ces constats, la JVAD, une association engagée pour la cause des enfants a mis en place un système pour réhabiliter ces merveilleuses créatures. La JVAD, avec son équipe sociale dynamique, a monté un système d’identification, de retrait, de prise en charge et de suivi desdits enfants.

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jvadtogo@yahoo.fr

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M. Jeremy QUESNEL

Email: robindubelair@wanadoo.fr

? Antenne Togo :

M. AMEDOUME Komi Alfred

Email: voubaba@yahoo.fr

Tél.(00228) 9363934/2331839

Boite Postale : 2657 Lomé-Togo

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  1. Bonjour Alfred
    Félicitation pour le travail que vous faites pour les enfants togolais.

    Je suis Sébastien doctorant en sociologie à l’Université de Lomé travaillant sur la situation des enfants à Lomé. je serai très intéressé d’être en contact avec vous pour un échange d’expériences. Je suis également Chargé de Communication au Forum des Organisations de Défense des Droits de l’Enfant au Togo FODDET