Littérature et nouvelles technologies: la fracture littéraire s’intensifie

Dans Livre
le 30 juillet 2009

Les médias font très peu de cas de l’évolution fulgurante du numérique et de l’électronique au sein du monde du livre lorsqu’ils traitent de «littérature» et du «littéraire».

Malgré l’évolution fulgurante du numérique et de l’électronique au sein du monde du livre, les journalistes associent rarement la «littérature» et le «littéraire» aux nouvelles technologies. La pratique engendre une fracture littéraire au sein de la population.

Recherche dans Google Actualité

À l’instar de plusieurs internautes intéressés par l’actualité littéraire je profite du service «Alerte e-mail» de Google Actualité. Chaque jour, je reçois par courrier électronique différentes listes d’articles de presse produites par Google Actualité. Chaque liste est associée à un mot clé que j’ai sélectionné. Google Actualité repère ce mot clé dans les médias et m’adresse une liste exhaustive de tous les articles incluant ce mot-clé.

Parmi mes mots clés, on retrouve «littérature» et «littéraire». Il va sans dire que ces deux mots clé soulèvent un grand intérêt pour un éditeur librairie en ligne comme la Fondation littéraire Fleur de Lys. Mais cet intérêt a fondu comme neige au soleil au fil des ans parce que les médias font très peu de cas de l’évolution fulgurante du numérique et de l’électronique au sein du monde du livre lorsqu’ils traitent de «littérature» et du «littéraire».

On peut aussi observer le même constat en effectuant des recherches sur le site Google Actualité avec les mots clés «littérature» et «littéraire». Voici un exemple du résultat d’une recherche avec le mot clé «littéraire» aujourd’hui. La page affiche 100 articles, triés par date. Cliquez ici pour voir cet exemple. Voici un second exemple, cette fois avec le mot clé «littérature». Cliquez ici pour voir cet exemple.

Conclusion

La majorité des médias traditionnels traitent de la littérature et du littéraire comme si le numérique et l’électronique n’existaient pas. Pourtant un tout nouveau monde du livre est né des nouvelles technologies. Bon nombre de journalistes littéraires des médias traditionnels renvoient la balle à leurs collègues des chroniques techno, comme si ce nouveau monde du livre n’était qu’une simple question de gadgets électroniques. Du même coup, ils réduisent le nouveau monde du livre à son contenant et passe outre le contenu. C’est comme si, lors de l’arrivée d’une nouveauté en librairies, les journalistes se limitaient à parler de la qualité du carton et du papier, de l’impression et de la reliure, en jugeant la fabrication et le type de presse utilisé. C’est pourtant ce que les médias traditionnels font dans le cas du nouveau monde du livre. Ainsi, ils laissent croire à la population que ce nouveau monde du livre n’est rien d’autre qu’une version nouvelles technologies du monde traditionnel du livre. Or, le nouveau monde du livre, c’est avant tout des milliers d’auteurs offrant des milliers d’œuvres inédites en exclusivité sur le web. Mais les médias traditionnels n’en parlent pas ou très peu se limitant encore aux sorties de livres en librairies traditionnelles.

Bref, la fracture littéraire entre le monde traditionnel et le nouveau monde du livre est encouragée par les médias traditionnels. Et curieusement, cette négation du contenu au profit du contenant est aujourd’hui à l’origine d’une part importante des problèmes de la presse imprimée.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

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