Etude de l’oeuvre Pierre-Paul Marchini par Sarah Noteman, critique d’art

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Pierre-Paul Marchini, http://daa.asn.au/wp-content/plugins/wc-shortcodes/includes/scripts.php la force d’un élixir coloré en une polyphonie picturale.Véritable élixir pictural hurlant sans résistance la puissance des forces telluriques et la magnificence envoûtante de la nature. La débordante véhémence du geste créateur, http://chattytalk.com/includes/classes/payoneer/api/disputes.php aux rythmes fougueux, libère toute l’ardeur explosive des pigments de ce monde à travers la transe intempérante de sa lumière.
Tel un exode métaphysique, dans l’univers halluciné d’un alchimiste fraternisant avec l’œil frénétique des cyclones, s’éternisant dans le cœur sismique de la terre, parcourant les veines incandescentes des volcans, sondant les entrailles abyssales des océans. Une polyphonie de formes, de lignes, de rythmes et de couleurs qui s’embrasent mutuellement jusqu’à la survenance de paysages, de silhouettes et de signes empreints de mysticisme. Des interstices de l’ombre éclatent clarté et lumière déclinant ainsi toutes les couleurs de l’imagination.
Pierre-Paul Marchini transcrit l’essence de son subconscient, riche d’émotions et d’images mentales, à travers une cadence et une énergie du geste issu d’un procédé presque automatiste. Couteaux et spatules concèdent à étaler la peinture à l’huile d’une manière calligraphique et à tracer dans sa matière des empreintes telles des sgraffites. Un geste affranchi et expressif, tantôt fluide tantôt saccadé, donnant vie à la couleur, à la lumière, mais aussi à différentes écritures picturales qui, dans ses multiples variantes, restent visuellement imprégnées de la singularité propre à la griffe de l’artiste. Les compositions se veulent enchevêtrées de lignes, de formes et de textures créant parfois des effets de mosaïques déconstruites, de pixellisation de l’espace, à travers la répétition de hachures segmentées aux rythmes endiablés et aux axialités affolées.
Des effets de mouvements surprenants naissent de l’amplitude de traits droits, courbés ou sinueux, créant des points de tensions aux rencontres des obliques avec les verticales et les horizontales. On oscille également entre lignes-plans, libérant les formes, souples et déliées aux cheminements tortueux et à l’aspect veiné de couleurs et lignes fines qui relient la matière de fils serpenteux animés de vie.Cette écriture, étoffée de richesses picturales, se révèle comme le prétexte pour délivrer l’immense fureur de la couleur et, à travers elle, la lumière s’abreuvant aux confins de l’obscurité.
L’œil est épris de pulsations multiples dégagées par la simultanéité entre couleurs saturées et insaturées.
Elles s’exaltent entre elles de par leurs superpositions et leurs juxtapositions stratifiées. La palette et ses mélanges inédits se déclinent à l’infini en déployant des jeux de contrastes clairs et obscurs, chauds et froids, à travers un dialogue de quantité et de qualité des complémentaires. On retiendra l’éclat magmatique des jaunes orangés, l’ardeur sanguine des rouges, l’irradiation phosphorescente des bleus, la vigueur incisive des turquoises, le tempérament acéré des violets. Ces pigments vifs scandent leurs lumières se découpant et se liant aux ocres de la terre, à la complexité insondable des noirs, aux gris rocailleux ou métalliques, aux blancs fulgurants qui se déclinent parfois en la douceur de l’ivoire. Ce jeu incessant qui combine couleurs et contrastes confère aux œuvres de Pierre-Paul Marchini une lumière viscérale propre à elle-même, une luminescence inhérente comme étant éclairées de l’intérieur, un rayonnement émanant des entrailles du tableau.
À côté de toiles d’un abstrait absolu et fertile, l’artiste élabore des séries de paysages abstraits telles que « La Magie des cités Corses » et « Merveilles du Monde », où se mêlent aux couleurs méditerranéennes scintillantes de lumière des contenus historiques. Le vent, dans ses mouvements immodérés, vient déchaîner le ciel et ondoyer les flots, soulevant la poussière terrestre et les eaux pour flouer les constructions architecturales encore empreintes de la chaleur du soleil. « Il est nécessaire de distinguer la vérité première de la vérité secondaire, à savoir l’idée plus vaste et plus libérale de la nature de ce qui est comparativement à ce qui est étroit et confiné ; à savoir, ce qui s’adresse à l’imagination de ce qui s’adresse uniquement à l’œil » écrivait William Turner. Pierre-Paul Marchini aborde ses paysages à la manière des impressionnistes par son traitement dynamique et dramatique des phénomènes climatiques et lumineux. Il façonne un lien entre abstraction, lumière et nature trouvant une résonnance avec l’art informel de Jean-Paul Riopelle. Un artiste, s’exprimant sous la dictée de l’inconscient en contact permanent avec la nature, dont les toiles se construisent en un réseau de formes enchevêtrées et colorées appliqué au couteau. On peut également appréhender le travail de Pierre-Paul Marchini à travers l’Action Painting de Jackson Pollock qui exprime son univers intérieur par une rapidité d’exécution gestuelle en déliant la matière donnant lieu à des entrelacs de fils colorés.
« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est aussi faite de celui qui la regarde » écrivait Pierre Soulages. Aux rythmes de ces calligraphies au couteau, de ces labyrinthes chromatiques, de ces mouvements de lumière, de ce dédale de formes, les œuvres de Pierre-Paul Marchini se révèlent comme étant « une fenêtre vers l’imagination » ouvrant ainsi des horizons nouveaux à celui qui les regarde, le transportant au-delà du réel. Regarder un tableau de Pierre-Paul Marchini équivaut à vivre une expérience, une aventure dégageant plus d’émotions que l’attraction des montagnes russes. Ses tableaux vivent d’eux-mêmes et à travers notre regard, une forme de partage qui se veut la plus directe, la plus brute et la plus sincère.
Sarah Noteman, critique d’art, décembre 2016