Mieux comprendre l’enfant précoce
Interview de Jean-François LAURENT, spécialiste de la précocité intellectuelle, écrivain qui vient de sortir Be APIE Junior, formateur et conférencier sur ses deux sujets de prédilection que sont les enfants précoces et tout ce qui gravite autour de l'autorité, médiation, gestion des conflits en établissements scolaires
Interview d’un spécialiste de la précocité intellectuelle
- Jean-François, nous voici dans un décor majestueux en Corse…
- Oui effectivement, il s’agit de ma patrie d’adoption. Je ne sais pas si la Corse et les Corses m’ont adopté, moi, j’ai adopté la Corse. Je m’y rends dès que mes occupations professionnelles me le permettent. C’est un pays où il y a une belle énergie pour se ressourcer. Je ne connais pas plus beau pays au Monde. J’aime les gens, leur mode de vie, leurs valeurs…
- Parle-nous de Be APIE Junior.
- Be APIE junior est né suite à différentes remarques et retours des gens qui ont lu Be APIE et qui me témoignaient combien leur enfant s’était retrouvé dans les paroles des jeunes qui ont donné leur parole dans ce livre. On s’adresse essentiellement à des jeunes adultes, à des parents, à des professionnels de l’enfance et de l’adolescence. Il me semblait important d’écrire pour des jeunes de 8 à 14 ans qui se découvrent Atypiques et qui veulent comprendre, s’approprier seul (s’ils le souhaitent) leur particularité.
- Be APIE Junior ne peut être lu par des adultes ?
- Bien sûr que si et les adultes qui le lisent découvrent également une autre facette de leur enfant, des similitudes, des différences. Cela leur permet de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans ce cas. Le livre est à destination des enfants d’abord et leurs parents ensuite.
- Comment as-tu écrit Be APIE Junior ?
- J’avais deux enfants à l’école bien APIE + +, très différents et qui étaient amis. J’adore faire témoigner les personnes sur leur vie et les faire parler. J’ai demandé à leurs parents et à la directrice de l’école si je pouvais les réunir sur le temps de midi tous les vendredis. Tous ont été d’accord. Mon travail a consisté à les faire parler et recueillir leur témoignage. A un moment donné, j’ai été contacté par internet par une petite fille. Nous avons essayé à distance d’écrire, mais cela n’a pas fonctionné. Par contre, cela m’a donné la trame du livre et l’histoire romancée.
- Donc, l’histoire du livre…
- Je ne vais pas tout dévoiler, mais il s’agit de la correspondance entre un enfant APIE sur Lyon et son amie à Montluçon. Leurs parents interviennent également de manière à traiter de nombreux sujets comme les relations garçon fille, l’amitié, les rapports aux parents, à l’école, aux médicaments, la confiance en soi, l’automutilation… et d’autres sujets intimes.
Il s’agit vraiment de découvrir un enfant APIE de l’intérieur. En tout cas, c’est ce que je voulais faire.
- Tes projets pour l’avenir, vas-tu continuer à écrire des Be APIE ?
- Oui, j’ai en projet deux petits livres d’une cinquantaine de pages chacun qui s’intituleraient : Be APIE à l’école et Be APIE à la maison. Je souhaite que le premier puisse être un lien entre un parent qui ne sait pas comment aborder la question de la précocité intellectuelle et émotionnelle de son enfant et l’école, l’enseignant… Le deuxième serait axé sur des conseils pour les parents avec leur petit APIE. Je suis en train d’écrire également deux cahiers des émotions qui pourraient être utilisés à l’école. Cette question des émotions n’est absolument pas abordée et il n’existe que trop peu d’outils pour aborder ce thème de la gestion des émotions et en lien le développement de la confiance en soi. Ces cahiers ne seront pas réservés à des enfants APIE, mais à l’ensemble des enfants de l’école primaire.
- Et tes activités ?
- Je continue de développer mes activités de conférencier qui fonctionnent bien, mais j’aimerais en avoir plus. J’ai également quelques formations avec des établissements scolaires et je continue d’écrire des livres. J’aime vraiment beaucoup l’écriture. Je suis également toujours professeur d’école en classe de cycle trois qui me prend trois jours par semaine. Il m’est indispensable d’avoir mon terrain de pratiques afin d’expérimenter, trouver mes sources, mes sujets, mes exemples, vérifier mes hypothèses, me confronter à la difficulté. Je me régale, même si parfois, je cours après le temps.
- A quelles difficultés es-tu confronté ?
- Au-delà des tracasseries administratives et des charges énormes qui pèsent sur toute personne qui entreprend, la difficulté que je rencontre est de me faire connaître et qu’on puisse me contacter facilement pour une formation, une conférence. Je résiste encore pour ne pas passer par les distributeurs classiques pour mes livres, mais pour encore combien de temps ? Je dois également augmenter mes ventes de livres afin que mon entreprise soit viable.
Les deux livres que j’ai écrits et qui touchent à la médiation scolaire, violence, autorité, relation dans les établissements scolaires n’ont pas encore touchés leur cible. Les ventes restent faibles et je dois mieux contacter les potentiels lecteurs. Mais je n’ai pas assez de temps à y consacrer. C’est quelquefois le serpent qui se mord la queue.
- Heureux de cette aventure avec la création d’Hommes In Idées ?
- Très heureux malgré les écueils inhérents à toute création, mais je me sens libre : libre d’écrire et d’exprimer ce que je pense sans en référer à quiconque. Je porte ma propre parole, ce que vous ne pouvez pas faire lorsque vous êtes édités par X ou Y maison ou alors que vous soyez mandaté par un organisme de formation. Là, je parle t l’écris au nom d’Hommes In Idées et ça n’a pas de prix.
- Merci Jean-François et bonne route.
- Merci…

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