Emploi: les perspectives du Maroc à l’horizon 2012
Les projets 2012 pour accélérer la cadence de la modernisation de l'environnement et du climat des affaires au Maroc
De nombreux défis économiques à relever pour le Maroc
2012, c’est demain. Votre PME est-elle prête à faire face avec efficacité aux chamboulements à venir? L’environnement économique va être amené à subir encore de sérieuses mutations et cela, pour plusieurs raisons: d’abord, la sortie prochaine de crise. A ce sujet, les spécialistes martèlent que plus rien ne sera comme avant. A côté de cela, il y a aussi les engagements pris par le Maroc envers ses partenaires en terme d’ouverture de l’économie nationale. Corollaire? Ce sont d’innombrables projets et programmes qui voient le jour ou qui ont déjà vu le jour pour accélérer la cadence de la modernisation de l’environnement et du climat des affaires. Pour l’heure, les avancées ne sont certes pas très fameuses, en témoignent les récents classements successifs du Maroc, dont celui du climat des affaires: 76ème en matière de création d’entreprise et 67ème en matière de fermeture d’entreprise, selon la Banque mondiale. Mais tout cela va rendre les défis à relever plus pressants. Alors, où vous situez-vous face à tous les événements présents ou à venir? Comment appréhendez-vous votre business avec ces programmes d’envergure nationale qui foisonnent? Pour tenter d’y répondre, l’analyse de l’impact de ces mutations sur les PME a été le fo-cus point du dernier forum du manager de l’année 2009, co-animé par Nawal Houti, directeur général de Success Publications et par Reda Idrissi, directeur de mission de chez Capital consulting, en présence d’un nombre important de chefs d’entreprises. Plusieurs points centraux et une recommandation phare sont ressortis des discussions émises durant ce forum: les PME doivent suivre la cadence des changements et réussir leur modernisation compétitive avant l’échéance 2012. Cette action est décrite comme le prolongement de la mise à niveau de l’entreprise et de l’économie nationale initiée il y a quelques années. Avec assurément des nouveaux outils et des nouveaux challenges. Mais comment s’y prendre et quels sont les contenus des réformes actuelles et en cours? Détails.
Des enjeux majeurs
Au plan macro-économique, rien de ce qui se prépare aujourd’hui dans l’environnement socio-économique n’épargnera votre PME. Parmi les facteurs de reconfiguration, l’on peut évoquer en exemple, le projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui, aujourd’hui, est en route, plaçant au cœur de ses préoccupations l’avenir de la PME et des problématiques d’ordre général, comme celui de l’eau et de l’environnement. A cela s’ajoute aussi l’ouverture complète de l’économie nationale à l’horizon 2012. En terme de réformes, il y a aussi des programmes, comme la stratégie nationale pour la société de l’information numérique, dont la modernisation du tissu entrepre-neurial marocain est l’un des enjeux fondamentaux, comme l’a indiqué dans son document le ministère de l’Industrie. L’avènement du pacte national de l’émergence avec ses différents programmes et le cap qui désormais sera mis sur le développement des Métiers Mondiaux du Maroc (MMM) souffleront également une nouvelle ère. De ces multiples événements ruissèleront des grandes opportunités, mais aussi de sérieuses menaces face auxquelles seules les entreprises les mieux préparées sauront tirer leur épingle du jeu. Selon les managers du forum, les facteurs clés de succès que doivent maîtriser les dirigeants de PME sont, entre autres, les suivants.
Maîtriser le système d’accompagnement
Dans les débats sur les opportunités offertes actuellement par l’environnement des affaires marocains, le diagnostic de l’état du système d’accompagnement a été au centre des préoccupations des managers présents à notre tour de table. Les constats sont mitigés. Certains comme Hassan Maa, directeur général de IntERP Conseil, estiment que des avancées considérables ont été réalisées. Mais pour aller encore plus de l’avant, estime-t-il, une banalisation de l’accès au financement est nécessaire. En terme de progrès, Abderrahim Aquesbi, Chef de pôle Coopération et Communication à l’ANP-ME, reviendra en effet à la charge pour souligner que, depuis sa création, l’agence a accompagné plus de 2000 PME. Sur le plan du financement, le nouveau pacte de l’émergence industrielle, avec ses programmes comme Imtiaz et Moussanada viennent renforcer le dispositif d’appui actuel. Le premier, s’adresse aux entreprises faisant preuve de performance et consiste à les aider à doper leurs fonds propres pour passer au rang de champions nationaux. Quant au second, il a pour but le financement de l’amélioration des fonctions supports des entreprises, selon les spécificités sectorielles. «Au jour d’aujourd’hui, 400 PME sont déjà éligibles au programme Imtiaz» a indiqué Abderrahim Aquesbi. Certes, les outils d’accompagnement foisonnent, mais comme le fait remarquer Reda Idrissi, ceux-ci, à certains égards, ressemblent à une jungle. Trop d’outils sont encore peu ou pas connus des milieux des affaires. Aussi, se demande-t-on si les fonds vont toujours vers des financements adaptés? La PME a donc tout intérêt à garder un œil ouvert sur cet environnement.
Doper les compétences
Pour les managers du forum, la problématique à ce niveau est liée à la question des ressources humaines, la clé véritable de la modernisation compétitive. Car pour réussir ce pari, il faut, c’est certain des bonnes stratégies, mais pour déployer celles-ci, l’on a besoin de facteur humain performant. D’où la question de la formation qui se pose. Là aussi, les points de vue divergent. Pour Serge Hernandez, directeur général de RH performance, le constat sur l’adéquation compétences-emploi est plutôt positif aujourd’hui, «nous constatons que les nouveaux lauréats qui arrivent sur le marché du travail sont bien préparés à intégrer l’univers professionnel». Pas assez, estime de son côté Younès Mouhib du cabinet Positif conseil. Il soutient que, pour l’instant, l’influence du système éducatif sur l’environnement des affaires est plutôt négative. Celui-ci ne réprime pas la tricherie et peine à inculquer les valeurs d’exemplarité et de prise d’initiative qui sont les socles d’un management performant. Pour pallier ces problèmes, Hassan Maa évoque la nécessité de mettre au point un plan d’émergence RH au niveau national. Ce que soutient également Mohammed Bakkali, directeur général de Fe-dex, «le problème de compétences est systémique car on ne se projette pas. C’est seulement quand un projet est lancé qu’on pense àformer, cela est contre-productif», fait-il remarquer. Mais de l’avis de beaucoup d’autres, comme Yassine Karim du Bureau Veritas, les dirigeants de PME ont peur d’investir dans la formation du fait du phénomène de zapping.
Améliorer Ia gouvernance de la PME
«L’infidélité» des RH, estiment unanimement nos invités, est liée en grande partie au modèle de management en vigueur dans l’entreprise. On déplore ici le fait que les managers peinent à faire évoluer leur attitude vis-à-vis de leurs collaborateurs. Les cadres ne sont pas forcément incompétents mais ils manquent de dirigeants qui les inspirent et des entreprises auxquelles ils peuvent croire, explique Hassan Maa. En effet, ne dit-on pas d’ailleurs qu’un bon dirigeant c’est celui qui est capable de faire des choses extraordinaires avec des hommes ordinaires? Dans cette logique, Mohamed Charkaoui, directeur général d’Initiative web et Imane Zermouni, directrice de Rainbow Conseil, ont évoqué également l’incapacité des dirigeants à déléguer et à faire confiance à leurs cadres. La solution, indique Reda Idrissi, est que pour faire évoluer son management, un chef d’entreprise doit se former et former ses collaborateurs. Outre cet aspect, le rapport avec l’environnement externe a également fait objet de débat. Les managers présents au Forum estiment qu’aujourd’hui, aussi bon soit-on, l’on ne doit pas dormir sur ses lauriers. L’on doit garder une veille proactive. De plus, Younès Saïh, consultant expert CES Ingénierie, souligne qu’il y a beaucoup d’entreprises qui ne voient pas le vent tourner, ce qui leur fait prendre des risques énormes. Comme c’est le cas de cette PME, qu’il donne en exemple, qui se fait bloquer ses exportations en direction de l’Europe parce quelle ignore l’une des normes alors qu’il lui suffirait d’un petit effort de veille pour ne pas passer à côté. Ce qu’appuie aussi Hassan Maa, ajoutant que la connaissance et le respect des lois des affaires sont des facteurs clés de succès dans cet environnement ouvert.

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