Photographie: exposition Downtown Corrida à Nantes

Exposition nantes

Exposition photographie

Exposition DOWNTOWN CORRIDA Du 5 au 31 mai 2010 à l’Espace Écureuil à Nantes

Contact :Alban Lécuyer

Tél. :+33 6 10 68 23 11

Mail :albanlecuyer@hotmail.fr

Site :albanlecuyer.weebly.com

Les photographies amateurs prises pendant l’implosion d’une tour ou d’une barre d’immeubles, accessibles à tous sur Internet, formulent les codes d’une architecture singulière, oblique et fracturée, qui ne dure qu’un instant. Quand la poussière retombe, on remplit les espaces vacants de quartiers standard, encastrables à peu près n’importe où et démontables après usage. À travers la création d’une géographie fictive, les photomontages de la série DOWNTOWN CORRIDA mettent en scène la mutation de la métropole contemporaine en tant que territoire superficiel, instable et, par conséquent, précaire.

L’exposition. La sédimentation de la ville s’opère par couches successives : un modèle prolifère sur les décombres du précédent, on démolit, on reconstruit. Après le grand ensemble des années 60 et le lotissement des années 80, on assiste à l’émergence d’un habitat moins vertical et moins cloisonné : maisons intergénération­nelles, immeubles autogérés, écoquar­tiers, etc. L’apparition de ces nouveaux standards interroge le devenir des formes existantes : celles qui présentent un intérêt patrimonial seront préservées et participeront à la stratification de la ville ; les autres, jugées obsolètes ou inadaptées aux nouveaux modes de vie, disparaîtront.

Espace Ecureuil Nantes

L’image est connue : l’implosion en public des grands ensembles périurbains. On vient voir, en voisin ou en curieux, le dynamitage d’un immeuble comme on assiste au spectacle de la mise à mort. On retrouve l’espace symbolique des arènes (le périmètre de sécurité), la figure du matador (l’entreprise de démolition, l’artificier), l’attente de l’estocade (le compte à rebours), la carcasse de la bête vaincue (les tonnes de gravats). À la fin, généralement, le public applaudit et l’image produite, retransmise à la télévision ou sur Internet, s’inscrit dans la mémoire collective. Une image stéréotypée dont le langage – les explosions, l’éboulement – renvoie aux carrières, aux mines, à la matière brute. La poussière de béton retourne à la poussière et c’est toute l’existence de ces architectures collectives, uniformes, qui apparaît dérisoire et dénuée d’empreinte historique. En définitive, on peut deviner la valeur d’un habitat aux moyens mis en œuvre pour le détruire.

La série DOWNTOWN CORRIDA propose de transposer un patrimoine persistant, transmissible, dans l’environnement anachronique des chantiers de démolition. Les photographies ont été réalisées à Nantes, sur les sites où une partie de la ville s’est enfoncée dans les sols alluvionnaires de la Loire. Renus génériques par le simple jeu des perspectives et de la répétition en série, les hôtels particuliers et les façades en tuffeau du XVIIIe siècle deviennent à leur tour précaires, instables. Et leur inclinaison « naturelle », qui semble les avoir figés dans un perpétuel mouvement d’écroulement, fait écho à la vulnérabilité des constructions périphériques. En privant les objets de mouvement, l’instantané produit alors de nouveaux volumes dont l’excentricité célèbre la fracture, la discontinuité, et prône un retour à la fonction oblique de Claude Parent et Paul Virilio.

Downtown Corrida

Entre les architectures à échelle humaine et celles, démesurées, qu’on ne peut appréhender qu’à une certaine distance, les photomontages traduisent un rapport de proximité illusoire entre l’événement et le public. Les personnages, choisis lors de manifestations publiques, reflètent un état latent, une attente sans nostalgie ni impatience dont on ignore si elle concerne une ville disparue ou encore à construire. En arrière-plan se dessinent les contours d’une cité empruntée aux peintures métaphysiques de Giorgio de Chirico. Un espace morcelé où le champ de vision heurte sans cesse les limites d’une parcelle, d’un terrain, d’un chantier. Les paysages se referment progressivement pour devenir des intérieurs, des périmètres sans issue où l’on devine la métamorphose d’une ville enceinte, à la fois close et en instance de mutation. En atteste la présence exagérée de plantes pionnières, qui constituent le premier stade de colonisation d??un site par le végétal.

Photographie Nantes

L’homogénéité des climats et la répétition des motifs participent à la confusion entre docu-mentaire et trucage. Une esthétique proche des vues d’artistes placardées sur les chantiers pour annoncer un avenir plat, sans consistance. La corrida minérale qui se joue dans le décor d’un territoire fictif devient alors tour à tour ironique, théâtrale ou surréaliste.

L’auteur. Diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille en 2002, j’ai d’abord été photographe et rédacteur pour le quotidien Nord-Éclair, pour les revues L’œil électrique, Trouble(s) et Combat face au sida, ainsi que pour les sites prison.eu.org et combatenligne.fr. J’enseigne aujourd’hui l’histoire et les techniques de la photographie au DMA-Régie de spectacles de Nantes et collabore au quotidien Metro. En 2004, j’ai reçu le prix spécial du jury au Carrefour de la communication du Jura.

Informations pratiques :

Espace Écureuil

1, rue Racine

44000 Nantes

Horaires d’ouverture « DOWNTOWN CORRIDA »

Du mercredi au dimanche de 14h à 19h,

jusqu’à 20h le samedi et sur rendez-vous.

albanlecuyer.weebly.com

affiche downtown corrida

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