“La vie est un songe” - Pedro Calderon de la Barca, source d’inspiration des artistes d’origine amérindienne, chinoise, iranienne, italienne, polonaise, russe et turque

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Alexis Poliakoff: La cinquième nuit. 2016

Galerie ORENDA

La vie est un rêve/ la vida es sueno/ Life is a dream…

Sur le thème de « La vie est un songe », immortalisé par la pièce de Calderon de la Barca (La vida es sueno), la galerie ORENDA a invité plusieurs artistes à créer des miniatures - diptyques et triptyques- mettant en parallèle ou en contrepoint le thème métaphysique et ludique du rêve, de l’illusion et de la réalité.

D’horizons divers, ces artistes mettent en dialogue leurs rêves lointains, suggèrent des enchantements ou des nostalgies avec grâce. Sept artistes originaires des quatre coins du monde : Chine, France, Iran, Italie, Russie, Turquie, sont ainsi réunis, créant un palimpseste de songes en couleurs. Leurs imaginaires les rattachent à leurs terres d’origine ou leurs pays rêvés.

Avec « La cinquième nuit », figurant sur l’invitation, Alexis Poliakoff, dont l’exposition au Musée Maillol à l’automne 2012 avait marqué avec succès le trentième anniversaire de ses figurines insolites, a réalisé deux compositions originales, dans la tradition des petits théâtres deLucio Fontana. Il ouvre les portes du rêve dans une nuit étoilée où terre et ciel se rencontrent. Sous la lumière magique d’une lune éclatante, on découvre une princesse endormie, un magicien, un lapin facétieux et d’étonnantes kachinas enfouies dans les falaises. Ainsi est ouvert le rideau sur une scénographie qui s’apparente à la mise en scène intime d’un décor de théâtre à plusieurs voix où l’Est et l’Ouest se rejoignent.

Antonio Mignozzi, maître italien de l’huile sur bois, présente un ensemble de petits formats admirablement travaillés dans la tradition de la Renaissance. Il confère puissance et intensité à des œuvres à forte suggestion onirique : visages hiératiques perdus dans leurs rêves, nus féminins assoupis sous la voute du ciel,couples scrutant des horizons ténébreux nimbés d’une lumière lunaire. Le jeune Milanais Giovanni Cerri propose des compositions semi-abstraites où visages et paysages semblent éclore d’une mémoire mélancolique et vibrante à la Modiano.

Venus de l’Ouest, les rêves américains sont ici Amérindiens, sous le pinceau kandinskien de Brenda Kingery, artiste chickasaw originaire d’Oklahoma, dont l’éclat et l’intensité des toiles, réunies en quatre diptyques aux harmonies contrastées, allient rythme, virtuosité technique et force de suggestion poétique.

Du côté de l’Orient, Chung-Hing, poète et peintre originaire de Hong-Kong, connue pour la finesse de ses méditations visuelles, présente un triptyque semi-abstrait et des collages pointillistes aux légèretés de nuages. Nurieh Mozaffari, artiste iranienne, qui excelle à représenter en fragments la splendeur éclatée de son pays natal, réinterprète la tradition millénaire de la miniature persane avec des éclats de couleurs dont jaillissent des silhouettes gracieuses émergeant du passé. Monique Ciprut-Mitrani imagine des manuscrits orientaux aux reflets d’or et aux accents bibliques, qui semblent surgir des déserts infinis. Finement travaillés, ornés par une calligraphie imaginaire délicate et graphique, ils célèbrent en quatre langues, (espagnol, portugais, hébreux et anglais) l’espérance et la vie.

54 rue de Verneuil-75007, Paris

01 49 26 90 09 art@orenda-art.com

Exposition jusqu’au 15 mai

Du mardi au samedi, de 14h30 à 19 heures

Et sur rendez-vous