Art brut : une Exposition/conférence sur l’Art Brut avec Alain BOUILLET à Narbonne

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L’art brut ? L’homme du commun à l’ouvrage…

Exposition – Conférence au Club Léo Lagrange à Narbonne

Mercredi 22 avril 2009 dès 17h30 (Conférence à 18h30)

ü Dans le cadre du pôle « Arts » de l’Université Populaire de Septimanie, Alain BOUILLET interviendra mercredi 22 avril sur le thème de « l’Art brut », au 1er étage du Club Léo Lagrange (27, Av. de Lattre de Tassigny à Narbonne).

ü Dès 17h30, une exposition de pièces d’art brut sera ouverte au public, agrémentée de précieux commentaires du conférencier.

ü A 18h30, conférence : « L’art brut ? L’homme du commun à l’ouvrage… ».

ü Entrée libre et gratuite…

Résumé/Argumentaire :

Art brut, art naïf, art populaire, art singulier, art autre, art “hors-les-normes”, art outsider… Les qualificatifs prolifèrent depuis plus d’un demi-siècle et l’amateur s’égare dans cette jungle d’appellations plus ou moins contrôlées. Qu’est-ce donc que l’art brut et comment s’y repérer ? On l’a souvent situé aux côtés de l’art des primitifs, de celui des enfants (mais les enfants font-ils de l’art ?) et plus encore confondu avec ce qu’André Breton nommait, en 1953, l’art des fous. Cependant, cette assimilation entre l’art brut et l’art des fous paraît désormais abusive, ou, pour le dire comme Jean Dubuffet – l’inventeur de l’art brut – le fit dès 1945 : « Pas plus d ‘art des fous que d’art des dyspeptiques ou des malades du genou. » Alors qu’en est-il de l’art brut ? D’où vient-il et quel est son devenir ? Ce sont, parmi tant d’autres, quelques-unes des questions qu’ Alain BOUILLET s’efforcera de traiter au cours de cette intervention du 22 avril 2009, consacrée à ces productions de “l’homme du commun à l’ouvrage” qui, conçues dans la rupture, le silence et la solitude, s’imposent par la puissance de leurs symboles et la valeur magique qui en résulte.

LE CONFERENCIER :

ü Commissaire d’expositions et amateur d’art brut, écrivain, membre du C.A. de l’Association l’Aracine, Alain Bouillet est Professeur honoraire des Universités de Paris X Nanterre et de Paul Valéry – Montpellier III.

Né à Nanterre en 1943, Alain Bouillet a consacré l’essentiel de ses activités de recherche à « L’économie libidinale du couple » d’une part, et d’autre part au « Sensible », ainsi qu’à « l’Education de la sensibilité » ou « Education Esthésique » ainsi qu’il l’a nommée. Plusieurs publications témoignent de ses travaux de recherche sur l’esthésique.

Défense et illustration de l’art brut…

Après avoir rencontré Jean Dubuffet au début des années soixante-dix – alors que la collection d’ « art brut » de celui-ci (terme dont il fut l’inventeur en 1945) était encore visible au lieu où le peintre l’avait installée, au 136 de la rue de Sèvres, à Paris – Alain Bouillet s’est vivement intéressé à ces formes de production dont  Dubuffet pensait qu’elles étaient « la voie d’expression des couches sous-jacentes, des plans de la profondeur », susceptibles de livrer passage aux « manifestations directes et immédiates du feu intérieur de la vie », témoignant ainsi, comme l’écrivait le philosophe Gilles Deleuze du fait que « créer,ce n’est pas communiquer, c’est résister ».

Collectant occasionnellement, pour son plaisir personnel, quelques productions de ces auteurs d’art brut lors de rencontres toujours imprévisibles dans des lieux souvent improbables (à cette époque, l’art brut ne s’exposait pas encore dans des galeries…il fallait aller le chercher là où il était ; et l’art brut, par définition, ne se montre pas : « L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a fait pour lui, écrivait Jean Dubuffet, il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle »), il rejoint à la fin des années quatre-vingt, l’Association L’Aracine (dont les fondateurs furent, en 1982, Madeleine Lommel, Michel Nedjar et Claire Teller), Association dont il est actuellement membre du Conseil d’Administration. Cette Association, s’était fixé pour but de poursuivre le travail de Dubuffet après que celui-ci – suite à l’indifférence des pouvoirs publics français – a donné sa collection à la ville de Lausanne, en Suisse, où elle se trouve toujours, au palais de Beaulieu sous le nom de « Collection de l’Art Brut. ». Ce travail de collecte portera ses fruits puisqu’en 1999, L’Aracine – qui n’avait plus les possibilités matérielles de conserver et d’exposer sa propre collection – fera don de plus de 3500 pièces d’art brut au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Villeneuve D’Ascq – Lille Métropole, en préfiguration du futur Musée d’Art Brut, actuellement en fin de construction, et qui devrait ouvrir ses portes en septembre 2010.

Parallèlement à ce compagnonnage avec L’Aracine, Alain Bouillet s’est également employé depuis 1987 à la défense et à l’illustration de l’art brut. Et ceci de diverses manières : En devenant conférencier, écrivain ou même commissaire d’expositions. À ce titre, il est l’auteur de nombreux articles sur l’art et l’éducation et plus particulièrement sur l’art brut : Monographies d’auteurs, préface d’expositions, articles théoriques dans différentes publications et catalogues. Il est également le directeur du numéro 53-54-55-56, juillet-décembre 2004, de la revue Ligeia, consacré au « Devenir de l’art brut ».

Un projet esthétique et pédagogique…

Corrélativement, de trouvailles inopinées en rencontres spontanées, recherchées ou provoquées, cet « amateur » – qui ne se définit nullement comme un collectionneur trouvant à ce terme des connotations par trop pathologiques – a, depuis trente ans, pour son propre compte, rassemblé ce que d’autres persistent à appeler une « collection » d’art brut. Collection dont il pense que le sens profond est non seulement d’être un support permettant, par sa circulation et son exposition, de travailler à la reconnaissance de l’art brut (ce qui semble désormais à peu près acquis) mais encore, de contribuer à faire entendre – en liaison avec les conférences et les visites commentées qu’il propose – les différences entre plusieurs catégories artistiques, dont certaines: art populaire, art naïf, arts premiers, arts des fous, art psychopathologique, etc. ont vu le jour au début du XXème siècle, tandis que l’on s’intéressait alors à la question des origines de l’art, et dont d’autres sont apparues dans le sillage de l’art brut : art « hors-les-normes », « outsider art », art différenciés, art autodidacte, art singulier, etc. La théorie de Dubuffet selon laquelle en chacun d’entre nous sommeillerait un créateur ayant fait, un peu trop rapidement, des adeptes parmi les moins réveillés des multiples artistes potentiels. L’idée était généreuse et aurait pu même être prometteuse si, malheureusement, l’art Singulier après la période flamboyante de ses débuts, en 1978, n’avait fini par sombrer dans la production d’articles de bazar, trop vite produits par des bricoleurs de peu de génie en quête d’une reconnaissance aussi rapide que fugitive. Et ce, à destination d’amateurs, aussi peu éduqués que peu regardants, qui se sont ainsi trouvés facilement abusés.

C’est donc à dissiper ces confusions qui – par la banalisation et l’édulcoration de l’idée d’art brut qu’elles entraînent nuisent à son identification et à sa juste appréciation  – ainsi qu’à permettre au spectateur comme à l’amateur de s’y reconnaître, d’affiner leur connaissance et, partant, leur jugement de goût, qu’Alain Bouillet s’emploie actuellement en proposant l’exposition de certaines pièces de cette collection. Il espère que, ce faisant, seront enfin reconnues la spécificité et la valeur de cet acte de résistance qu’est l’art brut. Résistance au conformisme, résistance à l’isolement, à l’exclusion et à l’enfermement, résistance à la souffrance extrême de ces auteurs « personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques » qui, en travaillant dans « le secret, le silence et la solitude » ont produit ces dessins, ces broderies, ces objets, « productions inventées par elles-mêmes, à partir de leurs propres impulsions et ne devant rien aux poncifs artistiques ou culturels » ainsi que Jean Dubuffet définissait en 1949 ces productions de « l’homme du commun à l’ouvrage. »

Après avoir été exposées à Montpellier (en 2004), des pièces de cette collection furent accrochées aux cimaises du Château de Saint Alban-sur-Limagnol (Haut lieu de la Psychiatrie Institutionnelle grâce aux psychiatres François Tosquelles et Jean Oury, mais également haut lieu de l’art brut, puisque c’est là, qu’en 1943, Paul Eluard trouva les sculptures d’Auguste Forestier qu’il offrit ensuite à Jean Paulhan et Pablo Picasso, ce qui initia l’aventure de l’art brut) en 2004, 2005, 2006, 2007. Elles le furent également à Cremona (en Italie) 2006, lors de l’exposition « Longevi Visionari » ainsi qu’à Lasalle (Gard), à la Filature du Pont de fer, en Avril 2007, où une exposition consacrée à l’art brut en présenta une centaine. On en vit récemment une dizaine en contrepoint d’une conférence qu’il prononça sur l’Art Brut, lors des journées « Folies et Création », au Vigan (Gard) en Septembre 2008.

Hors des chemins de l’art brut – mais sans doute sous le vent de celui-ci – Alain Bouillet est également l’auteur d’un ouvrage sur le peintre Adam Nidzgorski : « La puissance fragile d’Adam Nidzgorski », Editions Encre et Lumière, Cannes-et Clairan, 2005 et a préfacé les deux autres ouvrages que lui a consacré ce même éditeur.

EN BREF…

- Mercredi 22 avril 2009 au Club Léo Lagrange à Narbonne (27, Av. de Lattre de Tassigny - 11100)

- Exposition de pièces d’art brut dès 17h30, ouverte gratuitement au public, commentée par Alain Bouillet

- Conférence d’Alain Bouillet à 18h30 : “L’art brut? L’homme du commun à l’ouvrage…”

- Renseignements : 04.68.65.57.26

- http://cafephilo.unblog.fr/ups ou http://leolagrangenarbonne.unblog.fr

Un commentaire à “Art brut : une Exposition/conférence sur l’Art Brut avec Alain BOUILLET à Narbonne” - Cliquez-ici pour commenter.

  1. Bonjour,
    Créateur art brut, je désire faire reconnaitre mon travail. Merci de bien vouloir m’indiquer ce que je dois faire. Salutations