Sortie livre de Gianni Fasciani : tendre et dur, angoissant et pudique

Architecte, designer, auteur, compositeur, interprète, écrivain. Cet homme est passionné par la création, dans ce qu’elle a de soudain et de libérateur.

Livre

Voyage dans un univers qui vous emportera vers l’amour contrarié, chahuté, décalé ; l’amour d’un homme pour la vie, les femmes et le plaisir.

LES POULES

Paradoxe, ambigüité, mystère, voilà en quelques mots non exhaustifs, ce récit résumé.

Ici, je me suis laissée envahir par l’ambiance qui nous entraine avec légèreté, émotion et parfois gravité  vers des scènes de vies.

Elles se déroulent dans un décor où deux éléments principaux et récurrents nous accompagnent tout au long de notre lecture :

Rome.

La civilisation latine est à l’origine de l’Italie, pays de l’art et de l’amour.

L’art italien a cela de commun avec tous les arts constitués. Il est à la fois cosmopolite car il est allé partout et très altier parce qu’il se suffit.

C’est aussi le cas de notre personnage qui donne le sentiment de se suffire à lui-même. Est-ce la réalité ?

La poule.

Qui est présente tout au long du récit comme témoin permanent des évènements. Par la complicité qu’il entretient avec l’animal, le personnage principal se détache du moment qu’il est en train de vivre.

Il s’agit probablement, pour l’auteur, d’une métaphore de la femme, qui tient une place essentielle dans l’histoire : à travers toutes, il cherche la femme maternelle et nourricière.

Quel est le type de relation qui unit les poules au coq de la basse-cour ? Il y règne une polygamie acceptée, le coq jouant le rôle de maitre et de géniteur, c’est une pauvre maison où les poules chantent et le coq se tait !

Voilà le décor planté.

Le personnage principal est à la fois acteur, narrateur et réalisateur de sa vie. J’emprunte volontairement des termes au cinéma, car j’ai eu la sensation d’être emportée dans le film d’une vie, entre rêve et réalité. La frontière entre les deux est souvent mince et fragile… ici elle est inexistante.

Cet homme vit ses rencontres comme des épisodes d’une série sans fin. Il les analyse à travers la souffrance ou le plaisir qu’elles lui procurent. Et enfin, les regarde comme si elles étaient toujours perfectibles et jouables à nouveau. Clap ! Coupez, on la refait !

Il livre un combat permanent contre ses émotions amoureuses, car il n’est prêt, ni à recevoir, ni à donner. Alors il fuit, de rencontres en rencontres, et se réfugie dans son imaginaire. L’émotion est présente à travers cette bataille pour ne pas livrer ce qu’il ressent.

Il est en quête d’une femme, celle qu’il a imaginée, celle qui saura rendre tout possible. Parfaite donc.

La femme est ici, sublimée, vilipendée, comme sacrifiée sur l’autel de la peur et sans jamais ne pouvoir accéder à la cité interdite du cœur du héros.

Il aime évidemment une femme absente, Marlowe. Elle hante ses pensées et ses rêves, mais elle n’est pas dans sa vie. Tout est alors permis, tout est  envisageable.

Deux interrogations surgissent :

Faut-il comprendre l’autre pour l’aimer ou l’aimer pour le comprendre ?

Je ne suis pas sûre que notre personnage cherche à comprendre.

Il a sa vérité et il la vit.  Lorsqu’elle ne colle plus à la réalité, il change de décor, d’acteurs et d’actrices.

La seconde arrive alors comme une évidence : cet homme sera -t- il capable d’aimer un jour, d’aimer sans se sentir coupable d’un forfait ?

Un droit au bonheur qu’il ne s’accorde pas, le syndrome de l’imposteur.

Quelle issue, entre l’envie, le désir et le plaisir ?

La place de l’amour dans ce livre ? Il est présent à chaque page, l’amour pour la vie, les femmes et les autres.

Notre imagination s’envole…de l’amour romantique et partagé ? Non, ici ce sentiment rayonnant est contenu. Le mystère reste entier.

C’est un livre tendre et dur, angoissant et pudique.

Il se termine là où il a commencé, comme si tout recommençait toujours.

Sans que rien ne change….

Marie-Alice THIERRY-PORTMANN

Sortie livre Gianni Fasciani tendre dur, angoissant pudique

Rentrer en contact avec l'Auteur