Du sang neuf pour le Lycée Albert Camus de Nimes

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Le Lycée Albert Camus fait sa première rentrée, en septembre 2013, paré de ses nouveaux atours. L’agence Hellin - Sebbag Architectes Associés a achevé, au printemps dernier, la dernière phase d’un projet  qui comprend 1548 m2 d’extension,  4548 m2 de réhabilitation et 13 500 m2 de mise en sécurité et accessibilité. Le maître d’ouvrage avait fixé deux objectifs pour le concours : la construction d’un bâtiment destiné à la nouvelle filière Sciences et Technique de Laboratoires (STL)  et la requalification de l’entrée de l’établissement.

CONTEXTE
Le lycée, construit dans les années 60 sur un terrain en forte pente, est constitué de sept bâtiments, dont un de 170 m de long, perpendiculaire à la pente. L’établissement, mal ancré dans la ville, n’a pas de façade représentative sur le boulevard Georges Pompidou. Une salle de conférence, récemment rajoutée en recul par rapport au mitoyen, vient de plus encombrer l’accès.

CONJUGUER LES DEUX OBJECTIFS
Plutôt que de construire le nouveau bâtiment dans la cour, comme suggéré par le programme, les architectes répondent aux deux objectifs en faisant du nouveau bâtiment STL et de la revalorisation de l’entrée une seule et même intervention : le laboratoire, construit sur pilotis, vient se glisser sur deux niveaux dans la « dent creuse » laissée à l’entrée et s’aligne sur les bâtiments mitoyens. Sa façade, entièrement vitrée, est ponctuée de “fanions” en verre rouge qui s’illuminent la nuit tels des signaux dans la ville. Ce choix d’implantation permet de conserver la cour arborée - aujourd’hui dotée de bancs au style contemporain -, tout en laissant un accès libre à la salle de conférence.

UN VASTE PORCHE AUX MULTIPLES FONCTIONS
La grande sous-face du laboratoire devient un vaste porche ; il abrite le nouveau hall d’entrée conçu dans une courbe vitrée, prolonge la salle de conférence et surtout, offre aux élèves de l’établissement le préau couvert qui leur manquait.

Pour rendre les bâtiments existants accessibles à tous malgré la pente, les architectes ont mis en place un parcours ouvert et lisible en façade grâce à l’adjonction de coursives et d’ascenseurs qui, par leurs matériaux et leur couleur, scandent la façade de l’interminable « barre » qui traverse l’ensemble du site.

LA COULEUR ROUGE COMME FIL CONDUCTEUR
La couleur rouge  déclinée  dans plusieurs matériaux sur tout le bâtiment devient un fil conducteur :
- « fanions » lumineux  en verre fixés sur le mur rideau de la façade d’entrée servant de repère visuel dans la ville
- lasure rouge  pour les poteaux du porche qui accompagnent le cheminement depuis la rue  jusqu’à la cour
- caillebotis métallique rouge pour le plafond suspendu en sous-face du préau et de la cafétéria, et pour l’escalier sur cour, afin de marquer ces  lieux  emblématiques
- bardage en Eternit  et verrière rouge pour les coursives et le nouvel ascenseur
- sols  en linoleum rouge dans les circulations intérieures
… autant d’éléments  signalétiques  forts qui dynamisent le site.

UNE REHABILITATION ECONOME ET DURABLE
Une fois encore, comme pour l’Hôtel de Police de Paris 17e,  qu’elle a réhabilité en 2011, l’Agence démontre que l’architecture tramée et régulière des  années 60 se prête, avec peu de moyens, à une transformation complète. Inutile de tout démolir, en quelques touches bien placées enlevées ou rajoutées, on peut remettre aux normes et changer l’image.

Alors que les adjonctions ne représentent que 18% du bâti total, Brigitte Hellin, Hilda Sebbag et Benjamin Pirany ont transformé l’établissement en une véritable vitrine technologique de la Région Languedoc Roussillon.